Archive pour juin 2008
L’Europe a besoin non pas d’un traité de plus, mais de plus de politique
J’étais hier à la réunion des leaders socialistes européens qui précédait le sommet des chefs d’Etat et de gouvernements.
L’impression que j’en retire est celle d’une Europe qui n’en finit pas de vouloir régler
la question institutionnelle, sans d’ailleurs y parvenir, et qui oublie que le plus important pour justifier n’importe quel traité, c’est d’abord la politique que l’Union elle-même doit porter.
Le « non » irlandais, qui n’a pas grand-chose à voir avec le « non » français quant on en juge par les peurs conservatrices et traditionalistes irlandaises, révèle une évidence. L’Europe qui devrait protéger aujourd’hui inquiète, l’Europe qui devrait préparer l’avenir est incapable de traiter les sujets du présent, l’Europe qui devrait régler les crises financières, alimentaires, énergétiques, est elle-même en crise.
Alors, que faut-il faire ? Obliger les Irlandais à revoter ? Mais pourquoi modifieraient-ils leur vote si rien ne change ? Faire sans les Irlandais ? Mais pourquoi faire différemment de ce qu’on a fait avec les Français ou les Néerlandais ? Gagner du temps ? Mais cela fait près de 10 ans que nous mettons en débat la question institutionnelle.
En fait, et c’est là que les socialistes européens doivent être les plus exigeants, les plus clairs et les plus mobilisés, nous devons redonner un projet à l’Europe dans la mondialisation, dans le traitement des enjeux planétaires et dans le règlement des problèmes les plus quotidiens des Européens, c’est-à-dire d’abord le social.
Pour les élections des députés européens du mois de juin 2009, je ne sais pas qui du traité de Nice ou du traité de Lisbonne sera le cadre institutionnel dans lequel nous aurons à agir. Mais ce que je sais c’est qu’il faut organiser une vraie confrontation entre la gauche et la droite à l’échelle de l’Europe, sur le projet. Et il faut que le Parti socialiste européen propose un candidat pour la présidence de la commission face à celui de la droite, en l’occurrence José Manuel Barroso.
Bref, pour sortir de la crise, il faut tout simplement faire de la politique.
Une journée noire
Les manifestations d’aujourd’hui ne sont pas un mouvement comme les autres, une grève banale, un rite obligé, une mobilisation nécessaire. C’est bien plus que ça. Car l’enjeu, c’est n’est pas seulement la remise en cause des 35 heures et de la retraite à 60 ans, mais la déréglementation de l’ensemble du droit et de la durée du travail dans notre pays.
C’est aussi le mépris exprimé cyniquement par le pouvoir à l’égard des partenaires sociaux. Il leur avait été dit par le chef de l’Etat et son dévoué ministre du travail, qui finit presque par lui ressembler dans le ton, les rhétoriques et bientôt par les comportements, que s’ils parvenaient à un accord -organisations syndicales et patronat- précisément sur les négociations à ouvrir quant aux contingents d’heures supplémentaires, alors il n’y aurait pas de loi, sauf pour consacrer et transposer la conclusion de la négociation.
Les acteurs sociaux ont donc fait ce qui leur était conseillé, sont parvenus à un compromis qui aussitôt présenté, a été jeté à la poubelle.
Si bien qu’aujourd’hui, c’est à la fois la démocratie sociale qui est blessée et ce sont tous les salariés qui se trouvent exposés, fragilisés, sans qu’ils en aient l’exacte conscience.
À l’avenir, tout accord, même non majoritaire au sein d’une entreprise, même sans les organisations syndicales comme signataires, pourra déroger à la durée du travail, et à la rémunération des heures supplémentaires.
C’est la raison pour laquelle je considère que cette journée du 17 juin est l’une des plus importantes du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
François Hollande est l’invité de RTL
François Hollande était interviewé par Jean-Michel Apathie sur RTL ce mardi matin.
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