Archive pour septembre 2008
Conférence de Presse sur la crise financière
François Hollande a donné une conférence de presse, lundi 29 septembre, au siège du Parti socialiste.
La crise financière est la crise d’un système sans règle.
Pour que chacun comprenne bien ce qui s’est produit, il faut revenir à l’origine même de la crise, c’est-à-dire l’excès de crédits, notamment hypothécaires, accordés sans précaution par le système bancaire américain qui a été livré à lui-même.
Tant que les prix de l’immobilier progressaient, le système fonctionnait et la machine à distribuer des crédits pouvait s’emballer. Mais, dès lors que le prix des actifs immobiliers a baissé, une mécanique infernale s’est alors enclenchée. Elle a d’abord frappé des particuliers, puis ensuite tout le système bancaire et, au-delà du système bancaire, toutes les places financières. Des crédits ont été transformés en obligations et les obligations ont perdu de leur valeur, d’où la double crise : crise du marché immobilier et crise des marchés financiers.
L’explication est donc toute simple : c’est une crise dont les causes sont la dérégulation, la libéralisation et la financiarisation.
L’Etat n’a pas joué son rôle parce qu’il n’y avait plus d’Etat. Et, le paradoxe de la situation, c’est quand les marchés sont en crise, quand les établissements financiers sont en faillite, le seul acteur qui peut venir en dernier ressort solvabiliser l’ensemble c’est l’Etat lui-même. C’est ce qui se produit aux Etats-Unis avec le plan qui va dégager 700 milliards de dollars pour éponger les crédits toxiques et sauver le système bancaire.
Il y a paradoxe parce que la crise est née de l’effacement de l’Etat et le règlement de la crise suppose le retour de l’Etat.
De ce point de vue, c’est l’échec des Libéraux. Ils en sont d’ailleurs à ce point conscients qu’ils viennent maintenant chercher dans les thèses des progressistes la justification même de leur politique.
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François Hollande invité du “Blog politique” de LCI
François Hollande était invité sur LCI pour parler de son blog et de l’actualité politique de la semaine écoulée.
Mister Besancenot et Docteur Queuille
Le meeting de Nicolas Sarkozy jeudi soir a emprunté son vocabulaire à la Ligue communiste révolutionnaire.
Haro sur le capitalisme financier, sus aux spéculateurs, malheur aux traders, et ascenseur pour l’échafaud à l’intention des banquiers immoraux.
Un huron passant à Toulon aurait cru entendre des appels à la révolution. Si on ne l’avait prévenu, il s’agissait du chef de l’Etat le plus libéral que la France ait porté depuis le début de la Ve République.
Ce président a en effet libéralisé, privatisé, abaissé les impôts des plus fortunés, créé le bouclier fiscal pour les plus hauts revenus, bref tout le contraire de ce qu’il dénonce à l’échelle du monde.
Mais si ce discours flamboyant sur le capitalisme et cette lucidité sur la crise internationale n’étaient là que pour lui permettre de se défausser de sa propre responsabilité ?
Finalement, tout irait aussi mal dans le monde que les Français devraient accepter le sort qui leur est fait par la politique de Nicolas Sarkozy.
Le chômage augmenterait, ça ne serait pas sa faute ; le pouvoir d’achat reculerait, il n’y serait pour rien ; la croissance s’effondrerait, il n’en serait pas coupable.
On voit bien la manœuvre. C’est la faute à la crise, au capitalisme, aux marchés aveugles et aux banquiers sans doute trop rigides. Mais en aucune façon, lui, ne serait sur la sellette.
Et pour couronner le tout, voilà qu’il n’annonce rien. Ses réformes, il les poursuivra, ses choix, y compris le paquet fiscal, il les revendique et il faudra se contenter de laisser les patrons décider eux-mêmes de l’encadrement des parachutes dorés.
Pour le reste, circulez, il n’y a rien à voir. Les caisses sont vides et il est urgent d’attendre.
Le bon docteur Queuille, dans les années 50, avait fait de cette habileté une politique. Rien ne pressait et il n’y avait pas de dossiers suffisamment urgents qui ne puissent attendre.
Tel est aujourd’hui la conduite de Nicolas Sarkozy : repousser, reporter, retarder, bref espérer que le capitalisme demain le sauvera.
Mauvais calcul.
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