De l’incohérence en livret
L’annonce d’une baisse du taux du Livret A, le lendemain même où Nicolas Sarkozy dans les Ardennes évoquait la mobilisation de l’épargne pour le soutien aux entreprises, aux collectivités locales, voire même aux banques, révèle les contradictions auxquelles le système de communication et le mode de pensée du président de la République aboutissent.
Des logiques contradictoires, des confusions politiques, des improvisations au jour le jour, expliquent qu’il soit possible, en quelques heures, de déclarer que le Livret A, par ses excédents, va pouvoir venir en renfort du financement des banques pour moins d’une journée après autoriser une baisse des taux et donc de la rémunération de cette épargne si nécessaire ; au risque d’assécher les excédents qui étaient supposés être disponibles pour l’économie.
L’injustice s’ajoute à l’incohérence quand, après avoir fait tant de cadeaux aux plus favorisés, tant de boucliers fiscaux, tant de niches qui protégeaient, tant d’amnisties pour les spéculateurs qui ont mis cul par-dessus tête le système bancaire, il devient intolérable, pour le pouvoir, d’offrir un taux de 4% à des épargnants fidèles qui ont donné toute leur confiance au Livret A.
L’inconséquence s’additionne à l’injustice et à l’incohérence quand cette minoration du rendement du Livret A peut produire des retraits de liquidités sur ce produit d’épargne et ainsi déstabiliser davantage le système financier.
Bref, cette décision est à la fois inopportune économiquement, injuste socialement, et imprévoyante financièrement. Elle signe ce qu’est la politique de Nicolas Sarkozy dans son ensemble.


