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Archive pour octobre 2008

De l’incohérence en livret

L’annonce d’une baisse du taux du Livret A, le lendemain même où Nicolas Sarkozy dans les Ardennes évoquait la mobilisation de l’épargne pour le soutien aux entreprises, aux collectivités locales, voire même aux banques, révèle les contradictions auxquelles le système de communication et le mode de pensée du président de la République aboutissent.

Des logiques contradictoires, des confusions politiques, des improvisations au jour le jour, expliquent qu’il soit possible, en quelques heures, de déclarer que le Livret A, par ses excédents, va pouvoir venir en renfort du financement des banques pour moins d’une journée après autoriser une baisse des taux et donc de la rémunération de cette épargne si nécessaire ; au risque d’assécher les excédents qui étaient supposés être disponibles pour l’économie.

L’injustice s’ajoute à l’incohérence quand, après avoir fait tant de cadeaux aux plus favorisés, tant de boucliers fiscaux, tant de niches qui protégeaient, tant d’amnisties pour les spéculateurs qui ont mis cul par-dessus tête le système bancaire, il devient intolérable, pour le pouvoir, d’offrir un taux de 4% à des épargnants fidèles qui ont donné toute leur confiance au Livret A.

L’inconséquence s’additionne à l’injustice et à l’incohérence quand cette minoration du rendement du Livret A peut produire des retraits de liquidités sur ce produit d’épargne et ainsi déstabiliser davantage le système financier.

Bref, cette décision est à la fois inopportune économiquement, injuste socialement, et imprévoyante financièrement. Elle signe ce qu’est la politique de Nicolas Sarkozy dans son ensemble.

Travailler moins pour gagner encore moins

Aujourd’hui et pour deux semaines, les constructeurs automobiles mettent au chômage partiel une majorité de leur personnel.

La crise explique cette décision. Elle est douloureuse pour les salariés concernés en termes de pouvoir d’achat, en termes d’inquiétude par rapport à l’avenir.

Mais si on la replace dans le contexte des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, elle est plus que contradictoire.

Souvenons-nous :  le candidat Sarkozy promettait des heures supplémentaires, appelait à lever toutes les rigidités qui contraignaient l’utilisation maximale des salariés, pour leur plus grand bonheur, faut-il l’ajouter.

Il y a encore quelques jours, les ministres du gouvernement, cols ouverts aux émissions dominicales, avaient trouvé la pierre philosophale du pouvoir d’achat : le travail le dimanche.

Eh bien ! Qu’ils aillent dire aux salariés de Renault d’aller travailler le dimanche, quand ils ne peuvent même plus le faire les jours de semaine.

Qu’ils aillent dire à tous ceux qui perdent leur emploi de travailler plus. Qu’ils aillent dire encore à tous ces travailleurs pauvres, aux temps partiels contraints, aux CDD, et pour ce qu’il en reste, aux intérimaires, de travailler plus.

Je pense que l’on retiendra, des choix malencontreux de Nicolas Sarkozy au lendemain de l’élection présidentielle, l’exonération de cotisation sociale et la détaxation des heures supplémentaires. C’était une mesure pourtant de croissance, de suractivité, de rationnement du marché de l’emploi, pour tout dire de plein emploi. Ou faute de manœuvre disponible, il fallait utiliser celles qui étaient déjà au travail.

Mais là, aujourd’hui, en période de récession, c’est tout le contraire qu’il faudrait faire : favoriser les embauches, préserver le travail en changeant les modalités de son organisation, bref, réinventer les RTT, l’annualisation du temps de travail pour justement faire preuve de souplesse d’adaptation face à la contrainte.

Curieux destin d’une promesse de campagne : Nicolas Sarkozy voulait être le Président du pouvoir d’achat, du plein emploi, de l’équilibre des comptes publics, et aujourd’hui il est le Président de la hausse du chômage, du travailler moins, et de l’endettement public.

Chez Renault, chez Peugeot, ce n’est plus Billancourt qui va désespérer. Au contraire, la spéculation immobilière a gagné la partie sur l’île Seguin. Mais c’est Sandouville, Flins, qui, aujourd’hui, voyant Nicolas Sarkozy brasser ses milliards comme de la poudre de perlimpinpin, vont trouver closes les portes de leurs usines.

Entretien avec la revue Economie politique : “Quelle politique économique pour la gauche”

François Hollande a accordé un entretien à la revue Ecopolitique sur la politique économique de la gauche d’aujourd’hui.

L’Economie Politique : Doit-on agir politiquement sur la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et profits ?

François Hollande : Ce qu’il faut d’abord, c’est créer plus de valeur ajoutée. La gauche ne peut s’intéresser à la seule répartition. Elle doit régler l’insuffisance de création de la richesse. Si l’on peut avoir un débat sur le contenu de la croissance, il y a une obligation, pour tous ceux qui partagent l’idée de progrès, de trouver les moyens de produire plus et mieux. La croissance n’est pas limitée, y compris dans des pays avancés dont on ne peut dire qu’ils saturent leurs besoins alors qu’il y a tant de pauvreté et de faibles revenus. Existe-t-il encore une politique économique de gauche pour relever le taux de croissance ? Cette réponse passe par un soutien de la demande. Mais il ne peut être efficace que s’il s’accompagne d’une politique de l’offre. Celle menée par la droite est un échec : la mise en concurrence généralisée, la privatisation, la libéralisation, l’abaissement des coûts de production par la seule réduction des cotisations sociales, etc… n’ont pas produit une croissance pérenne. Celle proposée par la gauche passe par le soutien à l’investissement, public et privé. Alors que les dépenses publiques progressent globalement, l’investissement public au sens large -les infrastructures mais aussi la formation, l’éducation- voit sa part relative régresser. L’investissement privé non plus n’est pas stimulé : au sein des profits, les dividendes et les intérêts augmentent alors que le bénéfice non distribué connaît décline. Il faut inverser cette tendance, en utilisant la politique fiscale : l’impôt sur les sociétés devrait être relevé sur les bénéfices redistribués et abaissé sur les profits réinvestis. Lire la suite de cette entrée »

Parti socialiste

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