Archive pour novembre 2008
J’ai enfin une successeure
Il a fallu du temps, un long processus et beaucoup de difficultés pour les socialistes, mais je considère que le dénouement est meilleur que le déroulement de ce congrès.
C’est sans doute difficile et cruel pour celles et ceux qui avaient voté pour Ségolène Royal, et qui, à quelques dizaines de voix près, ne trouvent pas la victoire de celle qui portait leur idéal. Mais telle est la leçon de la démocratie : accepter qu’un écart, même faible, désigne un vainqueur qui doit avoir la même légitimité que s’il avait une majorité plus forte.
Je suis donc pleinement derrière la Première secrétaire. Je l’aurais été derrière Ségolène Royal, je le serai derrière Martine Aubry. Je l’aurais d’ailleurs été aussi derrière tout autre qui aurait eu la consécration du vote militant.
Je mesure ce qui va être sa tâche. Je lui dis que les socialistes doivent aujourd’hui connaître un renouvellement, un rassemblement, sûrement, mais aussi une autre pratique dans leur vie collective. Il lui appartiendra d’aller chercher à chaque fois les synthèses nécessaires, trouver les équilibres, faire voter lorsqu’il le faut les instances.
Je sais que sa tâche va être lourde et que des échéances délicates nous attendent : les élections européennes puis les régionales, sans parler de la grande confrontation de 2012.
Je quitte ce mandat plus tard qu’il était prévu puisque, à cause d’un scrutin trop serré qui méritait d’être analysé et clarifié, j’ai été trois jours de plus Premier secrétaire.
Mais je suis finalement conscient que c’est ma méthode qui l’a une nouvelle fois emporté. Être capable de faire travailler ensemble, y compris pour opérer un récolement de leurs suffrages. Prendre le temps nécessaire pour tenir compte de la position de chacun et faire voter la seule instance qui avait la légitimité et la compétence pour le faire : le Conseil national, le Parlement du parti.
Et puis en appeler à un sursaut, à une responsabilité collective, démontrer que les Français ne nous autorisaient plus à prolonger la chicane, dire combien nos militants si fidèles à nos rendez-vous électoraux ne pouvaient pas supporter qu’on salisse les résultats. Donc de faire en sorte par une dernière décision de rassembler les socialistes : ils le sont.
Ça ne veut pas dire qu’ils sont tous réjouis. Mais ils ont tous dit ce qu’ils voulaient maintenant, et c’est finalement le legs que je laisse à Martine Aubry : faire travailler ensemble les socialistes, les respecter, chasser leurs démons et être capable de dépassement.
La Première secrétaire -je me réjouis de voir une femme accéder à cette haute responsabilité- doit avoir cet acharnement à unir et à rassembler.
Discours prononcé au congrès de Reims
A mon tour de remercier et de saluer Adeline HAZAN et les militants de la Fédération de la Marne qui nous accueillent pour notre congrès. Ils ont pris un risque… Le savaient-ils. Et nous nous avons pris une responsabilité. Nous avons fait le choix de la ville de Reims –nous avions tant de sollicitations- parce que c’était la ville sans doute la plus emblématique de nos victoires du mois de mars dernier, cette ville où il n’y avait jamais eu un maire socialiste. Nous devions donc saluer cette victoire parmi toutes les autres et rappeler que nous sommes, aujourd’hui, le premier parti de France au niveau des élus sur le territoire de notre République.
Je veux intervenir dès l’ouverture de notre congrès pour situer les enjeux qui nous attendent.
Il s’agit certes pour nous de régler les questions de direction de notre Parti pour les trois ans à venir, d’en fixer la stratégie, l’orientation. C’est légitime. C’est plus que légitime : c’est nécessaire. Mais il s’agit aussi, surtout, devant les Français, de prendre collectivement la mesure de ce qui se produit dans le monde, en Europe et en France, pour donner ensemble nos réponses.
Nous devons nous placer à la hauteur des défis de la période exceptionnelle que nous traversons et offrir collectivement à notre pays un outil politique efficace et crédible pour porter le changement et incarner l’espoir.
Notre congrès se tient au moment où le monde vit une accélération de l’Histoire. D’abord, le capitalisme connaît une nouvelle crise. Ce n’est pas la première ; ces crises ont même tendance à s’enchaîner depuis 20 ans : 1987 (crise boursière) ; 1997 (crise asiatique) ; 2000 (crise technologique). Ce n’est pas la pire que le capitalisme connaît si l’on songe à 1929. Mais elle a ceci de spécifique qu’elle est la plus globale : financière, monétaire, économique, écologique et sociale.
Ce qui suppose d’y répondre dans toutes ses dimensions –pas seulement en convoquant un G20 aujourd’hui, pas seulement en évoquant un nouveau Bretton Woods, mais en prônant une nouvelle organisation de la planète et un nouveau pilotage de l’économie et de la finance. Cette crise est la plus révélatrice des excès du capitalisme. Lire la suite de cette entrée »
Respect du vote militant et rassemblement
Les résultats sont désormais connus, les suffrages se sont répartis sur les quatre motions principales, et ont placé celle de Gérard Collomb et Ségolène Royal en tête. La démocratie militante s’est exprimée et c’est la force de notre parti. Elle crée aussi des situations qui ne sont pas toujours simples à régler, surtout quand aucune motion n’est majoritaire à elle seule. Nous pouvions redouter cette fragmentation dès le dépôt des textes au mois de septembre.
Il nous appartient désormais d’entendre les différents messages des adhérents du parti socialiste et de les traduire pour faire de notre congrès une réussite pour les Français.
Comme Premier secrétaire je me suis toujours tenu à deux principes essentiels : le respect du vote et l’exigence du rassemblement. Ils sont plus que jamais nécessaires à la veille du congrès de Reims pour trouver une issue, la plus mobilisatrice possible, pour le PS.
- Respect du vote : c’est prendre en compte les résultats tels qu’ils sont, et donner à la motion qui est arrivée en tête, la responsabilité de proposer une orientation majoritaire, une stratégie cohérente d’alliance et un nom de Premier secrétaire. Mais toutes les autres motions ont aussi à prendre leur part dans cette recherche.
- Exigence du rassemblement, car les Français ont besoin d’un PS uni et fort avec une direction renouvelée et capable de porter une opposition crédible et utile à même de préparer l’alternative.
C’est le travail qu’il faudra mener au cours des prochains jours et une majorité doit être trouvée au sein du Parti socialiste, si c’est possible, avant même l’ouverture de notre congrès le 14 novembre prochain.
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