Archive pour novembre 2008
François Hollande était l’invité de RTL
Au lendemain du vote des militants sur les motions, François Hollande était interviewé par Jean-Michel Apathie pour “L’invité de RTL de 7h50″.
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Faire simple, net, clair
C’est un jour particulier que ce jeudi 6 novembre.
Nous avons tous l’esprit embué par l’émotion de la victoire d’Obama, de ce qu’elle signifie pour le monde, de ce qu’elle traduit de l’audace du peuple américain, de ce qu’elle porte aussi comme exigence pour la construction d’un autre monde. Et en même temps, nous sommes ramenés à notre propre choix, qui peut paraître très loin, devant l’enjeu planétaire, mais qui pourtant, sans revêtir la même portée –ce serait ridicule- va décider de la capacité des socialistes à se mobiliser et à se rassembler sur une ligne cohérente et autour d’une équipe soudée pour les trois prochaines années.
Sans cette phase préalable, sans cette condition remplie, sans cette unité de comportement retrouvée, à mon sens, pas de victoire possible. Même si la crise est là, l’échec de la droite qu’elle révèle, et quel que soit le rejet que Nicolas Sarkozy pourra inspirer le moment venu.
Je ne veux pas dire que tout serait joué selon le résultat de telle ou telle motion, ou que du déroulement du congrès dépendrait la campagne présidentielle de 2012. Je crois que l’Histoire s’écrit non pas jours après jours, mais mois après mois, et il pourra se passer bien des évènements d’ici là.
Mais quand même, dans cette période où nous avons besoin de repères, de réponses, de références, et aussi d’espérance et de perspectives, mieux vaut, quand on est militant socialiste et qu’on a un choix à faire, prendre la décision qui correspond le mieux à l’intérêt général de la gauche.
D’abord, le premier réflexe, c’est de venir voter massivement quelle que soit sa sensibilité, quelle que soit son humeur, quelle que soit sa lassitude, ou au contraire sa colère. Voter c’est décider.
Ensuite, porter une motion en tête, et largement en tête. Je lis déjà sous la plume de quelques camarades, que si le tiercé est dans un mouchoir, il faudra convoquer “un camp du drap rose” pour trouver l’issue. Je préfère qu’on se dispense de ce type de conciliabule, de surenchère ou de partie de cartes.
Alors, j’exprime là mon avis de militant, attaché au Parti socialiste, soucieux de la bonne marche de l’ensemble, du respect du vote. Je ne me prononce avec aucun intérêt personnel, puisque moi-même je ne suis pas candidat –je l’ai dis depuis suffisamment longtemps- à ma propre succession.
J’appelle donc à voter pour la motion A, la motion de Bertrand Delanoë, parce que c’est celle qui nous permet de nous rassembler, et de travailler ensemble, sans rien préjuger pour l’avenir.
Quand on peut faire simple, j’ai toujours pensé qu’on pouvait éviter de faire compliqué.
A demain, au 6 novembre.
Edito de l’Hebdo des socialistes (parution le 7 novembre)
La victoire de Barack OBAMA suscite une formidable espérance. D’abord aux Etats-Unis, marquée par la participation exceptionnelle au scrutin et par l’ampleur du succès des démocrates, mais partout dans le monde, tant l’attente était forte d’en terminer avec la période Bush. L’Amérique envoie ainsi une image de la démocratie dans sa dimension universelle. Elle seule permet à un peuple de se mobiliser, de s’unir et de se tourner vers l’avenir.
B. OBAMA porte le mérite essentiel de cet acte historique et a conduit sa campagne, depuis les primaires jusqu’à l’annone des résultats, avec force, conviction et maîtrise. Son parcours est un exemple : issu d’une famille modeste, d’un père Kenyan, il a su trouver les mots justes pour réconcilier les Américains avec eux-mêmes, avec l’Histoire et avec le monde.
Cependant, au-delà de l’enthousiasme qu’il suscite, il accède à la Présidence au moment où son pays traverse des crises multiples : financière, économique, sociale, et internationale avec l’enlisement des Etats-Unis en Irak, comme les risques représentés par l’intervention en Afghanistan.
L’Administration de G. Bush décidait seule de l’usage de sa puissance. Son unilatéralisme supposait la primauté de la force sur le droit. Elle a échoué. L’élection de Barack OBAMA rend possible l’avènement d’un monde multipolaire. Aujourd’hui, il faut que l’Europe, la France, engagent un dialogue nouveau avec les Etats-Unis : sur la régulation des marchés financiers, sur la lutte contre le réchauffement climatique, sur les enjeux de la paix notamment au Proche-Orient. C’est une occasion historique. La responsabilité est désormais partagée. A l’Europe, elle-même, de prendre la mesure de la nouvelle phase qui s’ouvre. Et aux socialistes de donner de la force au progrès. Et une espérance comparable.
La force de cette élection qui porte en elle un message d’espoir ne doit pas rester un symbole, mais doit se concrétiser dans les faits. C’est le message que j’entends faire passer au nom des socialistes français.
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