Bouger

FH | Notes | Vendredi, 30 janvier 2009

Pas besoin d’être allé à la manif -j’y étais à Tulle- pour se rendre compte que partout, ce sont des foules considérables qui se sont mises en mouvement. Nicolas Sarkozy, de son bureau ou de son dîner d’anniversaire, je n’en sais rien, a dû au moins en voir des images.

Le pire serait d’attendre, de faire gros dos, ou d’imaginer la répétition en moins fort.

L’autre erreur serait que le président de la République imagine que par son seul verbe, en convoquant les chaînes de télévision dans son bureau, parvienne à rassurer les Français, à leur faire croire que le plan de relance qu’il a présenté est le seul possible. Alors qu’il n’y a ni plan, ni relance.

Enfin, ce serait également une faute de réunir les syndicats, dans le seul but de les avoir rencontrés.

Ce qui menace Nicolas Sarkozy, c’est la certitude d’avoir raison tout seul, d’imaginer, comme à d’autres époques, qu’il n’y a pas d’alternatives possibles et, de continuer à s’agiter, à aller partout, quitte à congédier des préfets qui ne maîtrisent pas les manifestants.

Ce qui lui est demandé, ce n’est pas de la mobilité, c’est du changement.

Bref, de bouger. C’est-à-dire de prendre en considération la plateforme des organisations syndicales, unies comme rarement elles l’ont été dans le passé, et de considérer le contre plan du Parti socialiste non pas comme une posture, mais comme une possibilité de ligne politique différente.

Il faut faire attention dans ces périodes de crise, parce que rien ne se passe jamais comme prévu.

Il y a l’indécence de ceux qui continuent, alors que tout s’écroule autour d’eux, à se distribuer bonus et avantages. Il y a les gouvernants qui se réunissent à Davos, ou ailleurs, et qui font comme si tout allait forcément conduire à la fin de la tourmente. Et puis il y a les peuples eux-mêmes qui, à un moment, peuvent décider de prendre leur destin en main, sans pour autant savoir comment.

Et bien dans cette période-là, mieux vaut mettre de la rationalité, du dialogue, de la compréhension. Et pour tout dire, revenir à la démocratie qui exige, de la part de ceux qui dirigent, la conscience qu’ils sont sans doute légitimes, mais qu’ils ne peuvent pas décider de tout, quand plus rien n’obéit à leur schéma.

« Un Grenelle de la relance »

L'équipe du blog | Lu, vu, entendu | Mercredi, 28 janvier 2009

François Hollande été l’invité politique de France info ce mercredi 28 janvier. Estimant que la motion de censure défendue par les socialistes hier à l’Assemblée et la journée de grève générale prévue demain sont toutes deux l’expression d’une inquiétude face à la situation économique, il demande un Grenelle de la relance.

Ecouter l’intégralité de l’émission en cliquant ici

Un mouvement utile

FH | Notes | Mardi, 27 janvier 2009

La grève de jeudi, les manifestations qui vont se multiplier partout dans les villes de notre pays, les slogans qui seront scandés, la force de l’exaspération populaire, ce n’est pas un rite, une journée perdue, comme voudrait le laisser croire le gouvernement. Et, contrairement à ce qu’avait prétendu Nicolas Sarkozy, cette grève, on la verra et on l’entendra.

Mais pour qu’elle soit utile, il faut que cette journée soit massive, puissante, et lourde de sens. Il faut que cette journée en appelle une autre. Non pas une répétition, mais une négociation, un dialogue qui obligerait le pouvoir à comprendre qu’il ne peut pas faire de cadeaux aux uns, peu nombreux -les banques, les plus favorisés, les gros- et oublier les autres, c’est-à-dire presque tout le monde.

Je pense que les Français sont lucides à la fois sur la dureté de la crise, sur l’étroitesse des marges de manœuvre et sur le monde nouveau qui s’ouvre. Mais de là à tout accepter, à tout subir, et à baisser la tête dans l’attente de jours meilleurs, sûrement pas.

Aussi, le conseil que je donne à Nicolas Sarkozy, qui demandait encore à l’UMP samedi dernier de parler des travailleurs, des ouvriers, des usines, bref à faire « peuple », et bien c’est d’écouter le peuple et d’en rabattre sur son arrogance, sur ses certitudes, sur son aveuglement qui consiste à penser qu’il n’y a qu’une politique possible : la sienne.

Ce qui va compter jeudi, c’est ce qui va se passer vendredi. C’est-à-dire faire bouger celui qui prétend être mobile, et qui, au-delà des mots, fait du surplace.

Jour d’espoir

FH | Notes | Mardi, 20 janvier 2009

Le 44e président des Etats-Unis n’est pas un président comme les autres. Il vient après des décennies de combats pour l’égalité. Il arrive dans une Amérique qui souffre. Il lui parle comme l’accomplissement et la poursuite du rêve, celui d’un enfant né d’un père africain et qui, par son talent, par la force de ses idées, par la grandeur de son combat, devient le leader du pays le plus puissant du monde.

Il est le récit de l’Amérique. De sa grandeur, de ses chimères, peut-être même de ses illusions. Mais il est le Président de l’espoir. Celui qui s’inscrit dans l’avenir, qui veut parler au monde en liberté, à égalité et fraternellement.

Mais le 44e président des Etats-Unis ne vient pas à n’importe quel moment de l’histoire du monde. Il doit à la fois l’unir et le changer. Au-delà de la liesse et de la ferveur d’un jour, rien ne lui sera épargné. Ni le conservatisme, ni le racisme, ni la haine.

Voilà pourquoi nous attendons beaucoup de Barack Obama. Mais il doit aussi compter sur le monde, et notamment sur l’Europe. C’est une chance.

Bien sûr, il sera d’abord le premier dirigeant de la première puissance, mais il a soulevé une passion et une espérance qui le dépasse aujourd’hui. Il a sûrement fait l’Histoire, et il est aussi le produit de l’humanité.

Donc sans tomber dans je ne sais quel angélisme, je ne sais quelle naïveté, ni béatitude, il faut faire le chemin avec Barack Obama

Monarchie absolue

FH | Notes | Mercredi, 14 janvier 2009

Nicolas Sarkozy, dans une formule peu élégante à l’égard de son prédécesseur, a évoqué les rois fainéants pour justifier son activisme présidentiel depuis son élection.

Que les Français veuillent un chef de l’Etat actif, usant de toutes les prérogatives que lui confèrent les instituions, répondant aux urgences comme aux exigences de ses responsabilités, c’est une évidence. Que le suffrage universel, lorsqu’il se prononce à l’occasion d’une élection majeure, soit honoré par celui qui en a été le mandataire, nul ne le conteste.

Mais exercer sa mission n’est pas décider seul en République. Avoir le pouvoir n’est pas détenir tous les pouvoirs. Et c’est là la dérive, le glissement, et pour tout dire la confusion.

Nicolas Sarkozy prétend être le seul légitime alors qu’il n’a qu’un pouvoir dans la République, celui de l’exécutif, et encore, pas en totalité. Aussi, la remise en cause du droit d’amendement, la volonté de limiter l’intervention du Parlement, au prétexte de mieux le protéger, la manœuvre réduisant les marges d’actions de l’opposition pour faire prétendument son bonheur malgré elle, ce n’est pas une modernisation, une rationalisation. C’est une mise au pas, une soumission, un abaissement.

Il en est de même sur l’audiovisuel, quant au passage visant à supprimer la publicité qui abroge, annule, anéantit, les modestes progrès acquis depuis 20 ans pour libérer les ondes et les médias de la tutelle de l’Etat.

Et enfin, quand le Président décide lui-même de la fin du juge d’instruction, comme si c’était lui qui avait la seule autorité pour en juger -c’est le cas de le dire- sans prononcer dans le même temps l’indépendance du parquet, c’est en définitive s’assurer pour le pouvoir en place les moyens d’éviter que de petits juges viennent régler de petites affaires plus ou moins nauséabondes que la politique peut parfois générer.

Bref, tout cela, pour rester dans la métaphore monarchique, c’est du despotisme éclairé, ce qui finirait par faire regretter le temps des Mérovingiens.

François Hollande invité de Dimanche+

L'équipe du blog | Lu, vu, entendu | Dimanche, 11 janvier 2009

François Hollande était l’invité de Dimanche +, l’émission politique de Canal+ animée par Anne-Sophie Lapix. Retrouvez dans les deux vidéos suivantes, l’interview sur la plateau, et Confidences+, l’interview réalisée en coulisses d’après les questions des téléspectateurs.

Confidences +

Assez

FH | Notes | Dimanche, 11 janvier 2009

L’heure n’est plus de savoir qui est responsable de la tragédie humaine qui, depuis 20 jours, touche la Palestine. Le Hamas avait intérêt au conflit et Israël voulait saisir ce prétexte pour liquider les groupes armés qui, depuis plusieurs mois, menacent sa sécurité.

Mais, au nom des populations civiles qui sont, en définitive, les principales victimes de ce conflit, au nom des intérêts même d’Israël, de son image dans le monde, de son droit à exister, au nom du règlement nécessaire de la question palestinienne autour d’un Etat reconnu et indépendant de toute influence, le cessez-le-feu est autant un préalable qu’une obligation.

La résolution du Conseil de sécurité des Nations unies n’est pas un avis éclairé ou une recommandation morale, c’est une règle de droit international qui s’impose à toutes les parties au conflit. Et, tout retard pris à l’appliquer est un manquement grave à l’autorité de la communauté internationale dont il faut rappeler qu’elle fut à l’origine de la création de l’Etat d’Israël.

Ce cessez-le-feu ne doit pas intervenir dans quelques jours, dans l’attente de pouvoir pénétrer par Tsahal, plus loin encore, au cœur de Gaza. Pas davantage pour attendre l’arrivée d’Obama aux responsabilités. Ce cessez-le-feu est impératif immédiatement. Tout délai nouveau, toute manœuvre de retardement se retourneraient contre les différentes parties et, en l’occurrence, contre Israël.

Au sein même de la société israélienne, des voix se font jour pour convaincre le gouvernement que cela suffit, et que tout prolongement des hostilités serait une menace contre la sécurité même d’Israël.

Chacun voit les risques de propagation de ce conflit au-delà du Proche Orient. Des communautarisations sont à l’œuvre, des esprits malfaisants ont saisi l’opportunité des indignations qui se multiplient et pas simplement par solidarité religieuse ou ethnique.

Il faut donc arrêter et arrêter tout de suite. Quand bien même le bruit des armes, des chars, cesserait, quand bien même Gaza retrouverait un début de calme ou de répit, le plus dur reste à faire.

Je propose qu’une force internationale puisse s’installer entre l’Egypte et Gaza pour faire respecter ce cessez-le-feu, mettre un terme aux attaques et permettre la réouverture d’un processus de paix.

Les Palestiniens doivent prendre leurs responsabilités : se réconcilier, accepter de reconnaître unanimement Israël et enfin provoquer, avec l’appui de la communauté internationale, le règlement du conflit et la reconnaissance d’un Etat palestinien.

François Hollande sera l’invité de Dimanche + le 11 janvier

L'équipe du blog | Lu, vu, entendu | Vendredi, 09 janvier 2009

François Hollande répondra aux questions d’Anne-Sophie Lapix sur le plateau de Dimanche +. Rendez-vous donc à 12h50 sur Canal Plus, pour cette émission diffusée en clair et en direct.