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Agenda

Archive pour janvier 2009

Jour d’espoir

Le 44e président des Etats-Unis n’est pas un président comme les autres. Il vient après des décennies de combats pour l’égalité. Il arrive dans une Amérique qui souffre. Il lui parle comme l’accomplissement et la poursuite du rêve, celui d’un enfant né d’un père africain et qui, par son talent, par la force de ses idées, par la grandeur de son combat, devient le leader du pays le plus puissant du monde.

Il est le récit de l’Amérique. De sa grandeur, de ses chimères, peut-être même de ses illusions. Mais il est le Président de l’espoir. Celui qui s’inscrit dans l’avenir, qui veut parler au monde en liberté, à égalité et fraternellement.

Mais le 44e président des Etats-Unis ne vient pas à n’importe quel moment de l’histoire du monde. Il doit à la fois l’unir et le changer. Au-delà de la liesse et de la ferveur d’un jour, rien ne lui sera épargné. Ni le conservatisme, ni le racisme, ni la haine.

Voilà pourquoi nous attendons beaucoup de Barack Obama. Mais il doit aussi compter sur le monde, et notamment sur l’Europe. C’est une chance.

Bien sûr, il sera d’abord le premier dirigeant de la première puissance, mais il a soulevé une passion et une espérance qui le dépasse aujourd’hui. Il a sûrement fait l’Histoire, et il est aussi le produit de l’humanité.

Donc sans tomber dans je ne sais quel angélisme, je ne sais quelle naïveté, ni béatitude, il faut faire le chemin avec Barack Obama

Monarchie absolue

Nicolas Sarkozy, dans une formule peu élégante à l’égard de son prédécesseur, a évoqué les rois fainéants pour justifier son activisme présidentiel depuis son élection.

Que les Français veuillent un chef de l’Etat actif, usant de toutes les prérogatives que lui confèrent les instituions, répondant aux urgences comme aux exigences de ses responsabilités, c’est une évidence. Que le suffrage universel, lorsqu’il se prononce à l’occasion d’une élection majeure, soit honoré par celui qui en a été le mandataire, nul ne le conteste.

Mais exercer sa mission n’est pas décider seul en République. Avoir le pouvoir n’est pas détenir tous les pouvoirs. Et c’est là la dérive, le glissement, et pour tout dire la confusion.

Nicolas Sarkozy prétend être le seul légitime alors qu’il n’a qu’un pouvoir dans la République, celui de l’exécutif, et encore, pas en totalité. Aussi, la remise en cause du droit d’amendement, la volonté de limiter l’intervention du Parlement, au prétexte de mieux le protéger, la manœuvre réduisant les marges d’actions de l’opposition pour faire prétendument son bonheur malgré elle, ce n’est pas une modernisation, une rationalisation. C’est une mise au pas, une soumission, un abaissement.

Il en est de même sur l’audiovisuel, quant au passage visant à supprimer la publicité qui abroge, annule, anéantit, les modestes progrès acquis depuis 20 ans pour libérer les ondes et les médias de la tutelle de l’Etat.

Et enfin, quand le Président décide lui-même de la fin du juge d’instruction, comme si c’était lui qui avait la seule autorité pour en juger -c’est le cas de le dire- sans prononcer dans le même temps l’indépendance du parquet, c’est en définitive s’assurer pour le pouvoir en place les moyens d’éviter que de petits juges viennent régler de petites affaires plus ou moins nauséabondes que la politique peut parfois générer.

Bref, tout cela, pour rester dans la métaphore monarchique, c’est du despotisme éclairé, ce qui finirait par faire regretter le temps des Mérovingiens.

François Hollande invité de Dimanche+

François Hollande était l’invité de Dimanche +, l’émission politique de Canal+ animée par Anne-Sophie Lapix. Retrouvez dans les deux vidéos suivantes, l’interview sur la plateau, et Confidences+, l’interview réalisée en coulisses d’après les questions des téléspectateurs.

Confidences +

Parti socialiste

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