Archive pour mars 2009
Soirée-débat “Poings de vue”, avec François Hollande et Jean-François Copé
François Hollande débattra avec François Copé sure le thème : “Face à la crise, le gouvernement prend-il les bonnes mesures ?”
MERCREDI 25 MARS – 19h30 à 21h30 (entrée libre)
La Bellevilloise
19-21 rue Boyer, 75020 Paris
Terra Nova inaugure, en collaboration avec Le Nouvel Observateur, OpinionWay et la Bellevilloise, un nouveau rendez-vous politique interactif, « Poings de vue ».
Chaque mois, deux personnalités politiques, intellectuelles ou syndicales débattront d’un sujet d’actualité, en réaction aux analyses et aux propositions de Terra Nova.
Un événement original, participatif, dans un cadre agréable. Venez nombreux !
La goutte de l’indécence fait déborder le vase de l’indignation
La révélation des distributions de stock options aux dirigeants de la société générale a été la goutte de l’indécence qui a fait déborder le vase de l’indignation.
Voilà des mois que Nicolas Sarkozy met en garde, sermonne, menace, sans jamais rien décider, obliger ou contraindre. Voilà des semaines que le Medef promet d’ériger une charte éthique, un code moral, des normes pour limiter les bonus et les indemnités exceptionnelles.
Rien n’y a fait, même pas la crise. Pas davantage les subsides de l’Etat pour sauver le système bancaire. Les dirigeants du Cac 40 ont continué à s’octroyer des rémunérations annuelles représentant 500 années de SMIC. Comme si leur travail, leur talent, leur réussite valaient, en une seule année, un demi millénaire de labeur obscur d’un employé ou d’un ouvrier qui se lève tôt le matin et ne festoie pas le soir.
Les excès vont peut-être accoucher d’une vertu. A savoir, une loi sur la limitation des hautes rémunérations. Un tel dispositif existe déjà aux Etats-Unis et depuis plus longtemps encore en Allemagne. Il s’agit de fixer un écart maximum entre les plus bas salaires et les plus hautes rémunérations. Ou tout simplement de déterminer un plafond au-delà duquel aucun avantage, sous quelque forme que ce soit – salaires, recettes chapeaux, retraites, bonus- ne peut plus être toléré, accepté.
Certes, on peut aussi passer par la voie fiscale, en instaurant une tranche exceptionnelle de 70 à 80% sur les plus hauts revenus, détruisant ainsi le mécanisme anti-redistributif du bouclier fiscal.
Les deux options sont possibles : le plafonnement ou le prélèvement. Mais ce qui serait intolérable, c’est une loi vide qui affirmerait des principes sans les sanctions nécessaires et qui édicterait des normes jamais respectées.
J’attends donc avec impatience le dépôt du texte promis par Madame Lagarde. Mais dans l’attente, je voudrais rassurer Monsieur Bouton, le dirigeant de la Société générale, qui exprime la crainte, dans la presse de ce jour, que faute de rémunérations attractives, les talents des dirigeants aillent se vendre ailleurs.
Faudrait-il qu’ils aient fait la démonstration de leur efficacité et de leur rendement. Et surtout, ou iraient-ils se vendre aujourd’hui, quand chacun sait qu’une partie de la crise financière est due à la folle course, à l’argent facile et à la cupidité.
Chronique sur slate.fr : Au-delà du stop, chiche!
Daniel Cohn-Bendit a proposé une alliance, lors des élections européennes, à tous ceux qui le veulent sur le mot d’ordre « Stop Barroso ». Il a raison.
La responsabilité du président sortant de la Commission est, en fait, triplement engagée. Il a d’abord soutenu l’intervention de George W. Bush en Irak. Certes, lorsqu’elle fut décidée, il n’était pas en responsabilité européenne mais Premier ministre du Portugal. Il n’empêche. Barroso ne l’a jamais dénoncée, corrigée, révisée.
Il a, ensuite, amplifié la dérive libérale de l’Europe. Du projet de directive Bolkenstein jusqu’à l’assouplissement des règles en matière de durée du travail, sans oublier l’application orthodoxe des règles en matière de concurrence au détriment des services publics.
Enfin, Barroso a été d’un aveuglement coupable face aux causes mêmes de la crise financière : indifférence devant les dérèglements des marchés financiers ; passivité à l’égard de toute action sur les paradis fiscaux en Europe ; incapacité à élaborer des normes prudentielles communes. Et que dire de la mollesse de la réaction de la Commission quand il s’est agit de mettre en œuvre un plan de relance à l’échelle de l’Europe.
Mais, soyons justes. Ces décisions et ces non choix ne relèvent pas de sa seule autorité. La Commission est une instance collégiale et la politique de l’Union européenne est d’abord définie par les Chefs d’Etat et de gouvernement, et largement influencée par les initiatives comme le contrôle du Parlement européen. C’est une majorité d’Etats et une majorité de députés européens qui sont co-responsables de l’état actuel de l’Europe.
Et, de ce point de vue, le vote qui doit être prononcé à l’occasion des élections européennes est –pour reprendre l’expression de Daniel Cohn-Bendit- un double stop : à Barroso, mais aussi à Sarkozy et à tous les Chefs de gouvernement libéraux.
Mais, une alliance ne peut pas simplement être fondée sur un empêchement, un refus, un rejet. Elle doit porter une alternative. Pas seulement sur un nom, mais sur un projet.
Aussi, faut-il aller au-delà du stop, franchir la ligne et ouvrir le passage. Il revient à tous les progressistes européens et aux écologistes de se mettre d’accord sur un candidat à la Présidence de la Commission européenne et sur le programme qu’il aurait à porter pour 5 ans. Il leur appartient de fixer les priorités essentielles : la relance, la recherche, les économies d’énergie, l’espace social, la régulation financière et la lutte contre les paradis fiscaux.
La tâche est difficile. Déjà au sein du PSE. Je constate avec consternation le ralliement de Gordon Brown à la candidature de Barroso. Mais aussi du côté de la gauche de la gauche, la tentation de se mettre hors jeu. Enfin, le centre –en France comme en Europe- sera mis devant le dilemme qui le tourmente depuis toujours : choisir.
Alors, commençons par une alliance socialistes/écologistes pour créer la dynamique.
Au stop de Cohn-Bendit, répondons chiche.
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