Lettre d’informations
ChargementChargement


Agenda

Archive pour mars 2009

Faire mieux que Chirac…

Le déficit budgétaire explose. Il va doubler, en 2009. La dette publique a augmenté de 20 points de PIB depuis 7 ans. Le plafond des avances de la Caisse des dépôts à la Sécurité sociale ne cesse  d’être relevé pour combler le trou de trésorerie, chaque jour plus profond. La Cour des comptes s’interroge sur l’ampleur de l’augmentation d’impôts à laquelle il faudra rapidement procéder pour que l’Etat, la Sécurité sociale, l’Unedic sortent des impasses financières intolérables, dues à leur gestion calamiteuse.

Et pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy promet encore des baisses d’impôts :  suppression des tiers provisionnels pour l’année 2009, pour la première tranche de l’impôt sur le revenu, disparition de la taxe professionnelle et, maintenant, baisse de la TVA sur la restauration et d’autres produits.

Ces mesures, dans un autre contexte, pourraient avoir du sens. Elles représentent même des revendications depuis longtemps posées par les entreprises, voire par les contribuables. Mais aujourd’hui, dans les circonstances que nous connaissons, cette frénésie d’annonces fiscales seraient risibles si notre pays n’était pas dans un déséquilibre structurel de ses finances publiques.

C’est là tout le problème de la politique économique du président de la République. Elle est une suite de réactions, de ripostes, de réponses au jour le jour. Elle ne s’inscrit ni dans une vision globale, ni dans une cohérence. Elle est décalée par rapport à l’ampleur du choc qui touche l’économie mondiale. Elle accumule les propositions les unes aux autres, sans stratégie. Elle fait perdre des recettes précieuses depuis deux ans au pays, notamment le paquet fiscal. Elle n’arme pas la France en matière de recherche, de formation, de qualification. Elle amplifie les inégalités, les injustices. Elle apporte le soutien de l’Etat sans contreparties aux banques et aux grandes entreprises. Elle ne pose pas de règle de principe qui permettrait à chacun de savoir ce qu’il doit et ce qui lui est dû.

Et l’Histoire retiendra qu’au moment où la France cherchait, en cette période de récession, un plan de relance susceptible de redonner confiance, il y avait un président de la République, en cet instant, qui pensait que sa tâche, sa mission, son devoir, était de satisfaire une promesse de son prédécesseur en 2002. Baisser la TVA sur la restauration, sans être même sûr de pouvoir offrir le taux rêvé de 5,5% à ceux qui la demande. Et sans être convaincu lui-même d’une quelconque efficacité du dispositif sur l’emploi. Mais que voulez-vous, à cette époque, ce Président s’appelait Nicolas Sarkozy, et son ambition était de faire mieux que Chirac.

Mes réponses à vos commentaires sur mon billet “Un pudding à la place du mille-feuille”

Cher Jonathan D
Je ne souhaite pas que le rapport Balladur soit une nouvelle fois l’occasion d’opposer des pseudo-réformateurs aux prétendus défenseurs de statu quo. Oui, il faut bouger et réformer notre administration locale, limiter le cumul des mandats, mais aussi créer un statut de l’élu local le protégeant des pressions de son employeur, l’indemnisant correctement pour son temps passé au service des autres et lui assurant une cotisation pour sa retraite. Sinon, tu as raisons, les élus locaux se recruteront chez les fonctionnaires, les professions libérales et les retraités. Et les salariés du privé seront victimes d’une discrimination à la fois inacceptable sur le plan de la représentation politique et inefficace sur le plan de l’exercice des responsabilités.

Cher JPWK,
Je ne retire rien de ce que j’ai dit de l’omniprésence et du talent d’ubiquité de Nicolas Sarkozy. Rien que lundi dernier, il a réussi à aller dans la même journée à Charm-el-Cheikh, à Levallois-Perret et au Pavillon d’Armenonville, porte Maillot, à Paris.
Qui ferait mieux, même avec les moyens de l’Etat ? Mais pourquoi diable n’est-il pas aller en Martinique et en Guadeloupe ? Il n’est pas trop tard. Le problème de cette suractivité, au-delà de la fatigue qu’elle peut provoquer sur l’intéressé, c’est qu’elle crée partout le manque. Pourquoi est-il allé là-bas et pas ici, ailleurs et pas près de moi ?
Si je pouvais faire un conseil à Nicolas Sarkozy -m’écouterait-il ?- ça serait d’en faire moins et de faire mieux.

Cher Thibaut,
Ne craignez pas d’être impertinent, quand le pouvoir lui-même fait dans la provocation. Mais si Edouard Balladur avait voulu enterrer le rapport qu’il présente, il ne s’y serait pas pris autrement en annonçant la suppression de certaines régions. La bonne méthode, c’est de dire qui fait quoi, pour ensuite trouver l’échelon pertinent. Mais il faut que la gauche elle-même montre un esprit de réforme sur ce sujet aussi. On ne me fera pas croire que les modes de scrutins, les finances locales, la répartition des compétences, la constitution de grandes métropoles ne méritent pas des propositions audacieuses.

Régime des excès, présidence des déficits

Depuis 2 ans, l’omniprésident aura poussé le régime de la Vème République jusqu’à tous ses points de rupture : concentration des pouvoirs jusqu’à effacer non seulement le Premier ministre, mais tout le gouvernement. Saturation de l’espace médiatique jusqu’à devenir le co-présentateur de tous les journaux du soir. Hyperbolisation du discours jusqu’à faire passer le libéral béat d’hier au contempteur le plus courroucé du capitalisme financier.

Rien n’aura manqué dans cette première partie de quinquennat : ni « le coup d’éclat permanent », ni la flatterie compassionnelle à l’égard des plus modestes, ni la solidarité fiscale à l’égard des nantis, ni l’arrogance d’avoir raison sur tout et d’avoir raison de tout.

Et lui-même n’aura manqué de rien : ni d’une administration soumise, ni de patrons complices, ni de l’indulgence des grands médias.

Bref Nicolas Sarkozy aura eu, en 2 ans, tous les pouvoirs pour agir à sa guise. Ayant décidé de tout, il s’expose à être responsable de tout. Or sa présidence se révèle, de l’aveu même des chiffres officiels publiés aujourd’hui, celle de déficits jamais connus dans notre pays depuis au moins 50 ans : déficit du budget de l’Etat de plus de 100 milliards d’euros, déficit de la sécurité sociale de plus de 15 milliards, déficit du commerce extérieur de plus 60 milliards, déficit de la balance des paiements de plus de 50 !

On nous dira que c’est la faute au contexte, à la crise, à la relance, à pas de chance. Ce serait si simple! Que la récession et le désordre international aient amplifié les déséquilibres et creusé les découverts de toute nature, c’est l’évidence. La croissance  était d’à peine 1% depuis 2007, elle sera sûrement proche de -2 % en 2009. Et le pire ne pouvait sans doute pas être prévu. Mais les dérives des finances publiques, comme celle des comptes sociaux avaient précédé la crise financière et l’effondrement de l’activité. De même, la balance commerciale était gravement détériorée avant même que le prix des matières premières ne remonte en 2008, et elle traduit la dégradation de la compétitivité tendancielle des entreprises françaises.

Le paquet fiscal, les largesses accordées aux clientèles électorales, les fausses économies et les vraies gabegies, l’indifférence devant les défaillances de l’Etat providence, l’insuffisance de l’effort de recherche, la maltraitance de l’Education nationale, l’absence de toute politique industrielle, la croyance imbécile que tout serait la faute aux 35 heures… Voilà cette suite d’erreurs, d’échecs, d’errements qui expliquent l’ampleur de nos déséquilibres budgétaires, financiers, commerciaux, et sociaux.

Curieux paradoxe que cette présidence Sarkozy toujours en sur-régime, en suractivité, qui confond l’excédent et l’excellent et, qui à force de faire maigrir la confiance de pays, ne fait que grossir ses déficits.

Parti socialiste

Parti socialiste

Archives du blog