Archive pour mai 2009
Quand la provocation tourne à l’anticipation
Frédéric Lefebvre est un provocateur. Il assume ce qu’il est, ce qu’il pense, celui qu’il sert. Au moins, a-t-il le mérite de la clarté. Il dit tout haut ce que Xavier Bertrand pense, retranché dans des lieux obscurs. Il fait le sale boulot. Un peu comme le liquidateur dans les films de Luc Besson. Ou plutôt l’effaceur.
Ce qu’il veut, c’est revenir sur tout ce qui faisait le socle social de la République. Détaxer les fortunes, libéraliser le contrat de travail, ouvrir les magasins le dimanche, supprimer les 35 heures, revenir sur la retraite par répartition, bref la panoplie du petit libéral, comme on jouait hier au petit chimiste.
Mais ces dernières heures, il est allé plus loin. Au prétexte de demandes qui lui auraient été adressées par des malades, des femmes enceintes, et même par des bien portants, pour cumuler indemnités et salaires : il a eu cette idée cocasse, surprenante, paradoxale : pourquoi ne pas travailler lorsqu’on est en congé ! Il fallait y penser.
Et dans cette même veine, pourquoi ne pas mettre les enfants au travail avant la fin de leur obligation scolaire ? Pourquoi ne pas repousser l’âge de la retraite jusqu’à 70 ans et plus, si affinités ? Pourquoi garder encore une durée légale du travail ? Pourquoi ne pas travailler la nuit, puisque certains le font déjà ? Et pourquoi ne pas, grâce aux nouvelles technologies, continuer à faire son travail à la maison quand on est immobilisé ? Un ouvrier pourra faire ses pièces sur sa table de cuisine, une employée, accueillir virtuellement des clients, une vendeuse, démarcher sa clientèle au téléphone. Ce n’est plus travailler plus, c’est travailler tout le temps. Même quand il n’y a plus de travail. Car l’absurde consisterait même à demander au chômeur de travailler tout en restant demandeur d’emploi. Tout cela, sur le mode du volontariat.
Elucubration, dira-t-on, d’un député UMP isolé, dont l’amendement sera sans doute repoussé tant il fait mauvais genre, à quelques jours des élections européennes. Faut-il pourtant rappeler que Frédéric Lefevbre, suppléant de Santini, ministre de la fonction publique, a été pendant plusieurs années conseiller parlementaire de Sarkozy, et est aujourd’hui le porte-parole de l’UMP ?
Sa provocation n’est pas une maladresse, un impair ou une farce, c’est une anticipation. Nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.
Turquie : quand Fillon se moque de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a, une nouvelle fois, invité la Turquie dans une campagne électorale… Celle du 7 juin. Déjà, lors du débat référendaire sur le traité constitutionnel européen, il avait agité le chiffon ottoman et permis aux opposants de trouver un argument de plus pour rejeter un texte qui n’en parlait point ! Il en avait alors fait, comme président de l’UMP, une question de principe, au point que Jacques Chirac avait cru bon de proposer en 2005 une révision de la Constitution pour préciser que toute nouvelle adhésion à l’Union Européenne (UE) devait désormais être approuvée par référendum. Ce n’était plus un verrou, mais une porte blindée ; que dis-je, une muraille juridique ! Lire la suite de cette entrée »
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