Grand emprunt d’aujourd’hui, grands impôts de demain
Nul n’ignore que l’Etat depuis plusieurs années emprunte non seulement pour financer ses dépenses d’investissement mais pour couvrir ses charges de fonctionnement. En 2009 le déficit atteindra pas loin de 8% du PIB soit 40% du budget.
Mais qui sait aujourd’hui que la sécurité sociale emprunte faute de recettes suffisantes pour payer les retraites et rembourser les médicaments, que l’Unédic emprunte pour indemniser les chômeurs dès lors que les cotisations qu’elles prélèvent sur les salariés et les employeurs ne parviennent plus à assurer l’équilibre . que les collectivités locales vont lever un volume exceptionnel de crédits bancaires dès lors que l’Etat les incite à investir davantage.
Chacun peut aisément comprendre que la dette publique qui se situait au niveau déjà élevé de 65% du PIB en 2008 va atteindre, au rythme actuel plus de 85% en 2010 et sans doute près de 100% à la fin 2012.
La faute à la crise ? Pour une part mais comme l’a souligné la Cour des Comptes, le mal était déjà profondément installé et préexistait à la tourmente financière de l’automne dernier. Le déficit de l’Etat dépassait largement 3% du PIB, celui des comptes sociaux 10 milliards d’euros et l’Unedic commençait à manquer de ressources. la responsabilité tient moins au défaut de maîtrise des dépenses-même si des économies sont toujours possibles- qu’à des allègements d’impôts et de cotisations inefficaces économiquement et coûteuses financièrement (10 milliards d’euros pour le paquet fiscal, 7 milliards pour les baisses d’impôts sur le revenus et 50 millions pour les niches fiscales et sociales…) Se sont ajoutés depuis 3 milliards de pertes fiscales sur la restauration et 8 milliards pour la suppression partielle de la Taxe professionnelle.
Et c’est le moment qu’a choisi Nicolas Sarkozy pour annoncer un grand emprunt pour préparer l’avenir. Je passe sur le côté improvisé de la déclaration présidentielle. A en juger par les difficultés du Gouvernement pour préciser le montant, le taux et l’affectation de l’emprunt. Je veux revenir à l’idée elle-même. Elle n’a que peu à voir avec le grand emprunt européen réclamé par beaucoup à l’occasion du scrutin du 7 juin dernier. L’Union Européenne est en effet le bon cadre et la banque européenne d’investissement le bon instrument pour participe à un effort coordonné de soutien à la croissance. Rien de tel dans le projet de Nicolas Sarkozy.
L’idée peut s’inspirer des grands emprunts dont notre histoire financière est si riche. De Pinay à Balladur en passant par Giscard des ministres des Finances ont accédé à la postérité en ayant eu recours à l’épargne publique soit pour lutter contre l’inflation soit pour marquer symboliquement la confiance des français en l’Etat tout en lui apportant les ressources indispensables à son « équilibre ». A l’expérience cette opération assortie d’un avantage fiscal s’est révélé à chaque fois coûteuse pour les finances publiques et guère profitable politiquement à son auteur.
Mais le chef de l’Etat prétend faire du neuf, le grand emprunt ne servirait pas à colmater les brèches des comptes publics et sociaux, il ne couvrirait pas le déficit actuel, il financerait des dépenses d’avenir sans qu’il soit possible encore de savoir lesquelles. Ça ne serait pas non plus un plan de relance mais un objet financier non identifié, c’est à dire un ensemble de dépenses, certaines d’investissement d’autres de fonctionnement qui pourrait être présenté à la veille des élections régionales. Il s’agirait alors davantage de l’avenir de l’Ump que des territoires. En fait qu’importe l’intention politique, ce grand emprunt s’analysera pour ce qu’il est : une nouvelle dette pour prendre en charge un nouveau déficit plus large encore que le précédent. Le grand emprunt d’aujourd’hui, préparent les grands impôts de demain, les générations suivantes paieront et pour longtemps le laxisme budgétaire que l’on aura ainsi autorisé car les dépenses nouvelles quelle que soit leur pertinence, ne dégageront pas une rentabilité suffisante pour absorber les charges d’intérêt et de remboursement liées à ce grand emprunt.
Aussi c’est vers une autre voie qu’il faut se diriger. En période de crise, le taux d’épargne s’élève mécaniquement, la crainte du futur alimentant la prudence des ménages et le report de décisions d achats
Dans le même temps, les entreprises ont plus de mal à se financer auprès des banques ou des marchés. Aussi, ce n’est pas d’un emprunt d’Etat dont l’économie a besoin mais d’une épargne affectée à l’investissement productif. La bonne procédure n’est pas de créer une dette publique supplémentaire.
La bonne idée serait donc de lancer un emprunt garanti par l’Etat et dont le produit servirait à financer à long terme et à faible coût les projets d’investissement des entreprises et notamment des PME.
Ce serait plus efficace,plus rapide, plus structurel et sans conséquences sur les finances publiques.
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le pouvoir prend conscience de son inconséquence en matière de gestion des finances publiques; l’idée que la droite est économe et, que la gauche gaspille vole en éclat.
Votre proposition est interressante afin d’éviter un usage approximatif de l’argent collecté. songez par exemple que l’inéffable M Morin souhaite qu’une partie du produit de l’emprunt soir affecté à l’armée.Mais la première mesure doit d’abord concerner les recettes fiscales, en l’occurence la suppression du bouclier fiscal ce qui irait dans le sens des observations formulées par le Président Seguin.
Bin cher Monsieur,
L’emprunt national et une idée soutenable.
Les modalités sont très attendues.
Reste à convaincre les sceptiques au vu de son coût réel.
Amitis bien fraternelles.
Bin cher Monsieur,
L’emprunt national et une idée soutenable.
Les modalités sont très attendues.
Reste à convaincre les sceptiques au vu de son coût réel.
Amitiés bien fraternelles.
Souci informatique :
Veuillez excuser le doublon !
Amitiés.
Un exercice de modestie collective pour tous!
Ca va être difficile.
http://www.lemonde.fr/politique/video/2009/06/29/pierre-moscovici-se-dit-pret-a-devenir-un-leader_1213223_823448.html
Résumons-nous : l’idée d’un emprunt n’est pas bonne, c’est un emprunt qu’il faut faire ! (sous-entendu un “bon” emprunt. Je ne trouve pas que c’est comme ça que nous, socialistes, allons nous démarquer. Pour les non-spécialistes, un emprunt, c’est un emprunt. On ne peut comparer qu’avec nos exemples personnels. C’est bien de financer les entreprises, mais si elles mettent la clé sous la porte, ce qui arrive très souvent, qui paie l’ardoise ? Il faut bien comprendre qu’un emprunt, vu les taux élevés, profite aux prêteurs, donc en général aux banques. Là, l’Etat dit aux contribuables : d’habitude j’emprunte aux banques, elles font des bénéfices, là, les bénéfices seront pour vous. Je vais vous rémunérer plus que si vous placez votre argent en banque. En plus, les banques sont faillibles, pas l’Etat. Vous allez voir que cet emprunt va avoir du succès. C’est sûr que le taux sera supérieur à celui du livret de Caisse d’Epargne !
Beaucoup de mots et de lignes pour pas grand chose. Être précis, succinct et clair c’est difficile
Un candidat à la présidence de la république devrait pourtant savoir faire cela. Bon travail et bons progrès.
ou est parti mon commentaire? Je disais: beaucoup de lignes et de mots pour pas grand chose.
Un texte doit être précis, concis et clair;. . Un candidat à la présidence de la République devrait savoir faire cela. Bon courage donc et rapides progrès.
Pour répondre aux provocations de la droite en matière de retraite il faut que François Hollande de mande à son suppléant un nouveau rapport Teulade.
2ème essai!!!
Soumission, soumission, soumission!
Cette ultime manœuvre pour tenter de mettre en place une espèce cache misère!
Mais en réalité, la vérité est que le système est en faillite!
Sarkozy trahit ses propres paroles lors du discours de Toulon où il demanda une mise à plat du système financier international.
Aujourd’hui en nous proposant cet emprunt il accepte la soumission à l’ordre féodale de l’empire de la finance de Wall Street et de la City.
La seul solution face à l’effondrement du système est un nouvel ordre économique international, type Nouveau Bretton Woods et la mise en place de banques nationales qui pourraient émettre du crédit productif public afin de promouvoir des politiques de bien commun et investir dans dans la créativité humaine, infrastructure, l’éducation, la santé, etc… !
David C.
david.cabas.over-blog.fr
L’erreur de 1929 c’était de mettre en oeuvre des réstricitions et de faire des économies. Un emprunt, c’est une bonne idée, mais il faudra le financer un jour. Et cela se fera en augmentant les impôts (ce qui ne suffira pas) ou en provoquant une hyperinflation. La peste ou le choléra.
bonjour,
On compte sur vous Mr Hollande pour nous informer dés que vous serez au courant de la teneur de cet emprunt. si j’ai bien compris notre empereur national, il est probable qu’il pousse l’escroquerie jusqu’a avoir contracté cet emprunt pour financer ses prochaines campagnes (en partie).
sympas
en attendant moi qui suis fonctionnaire en bas de l’echelle je suis obligé d’emprunter au “cnas”
pour solder mes impots.
j’enverrais sur ce blog les details de ma comptabilité personnelle .