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Chronique sur slate.fr : “Démocratie au régime”

Dans quelle grande nation civilisée le Chef de l’Executif pourrait-il s’exprimer à la télévision sans que son temps ne soit décompté par l’instance indépendante chargée du respect du pluralisme, afin de permettre une réponse de l’opposition dans les grands médias audiovisuels ?

Dans quelle démocratie la carte électorale organisant le scrutin législatif -celui qui conditionne l’alternance- pourrait-elle être redessinée par un simple Secrétaire d’Etat jusque-là connu comme chargé des élections du parti majoritaire, et sous le dérisoire contrôle d’une commission présidée par une personnalité désignée à sa discrétion par le Président de la République ?

Dans quel Parlement moderne un vote malencontreusement défavorable à la majorité sur un texte controversé touchant aux libertés individuelles pourrait-il être considéré comme non valide pour cause de coup fourré de l’opposition, et les députés du parti présidentiel menacés d’une sanction financière pour cause de fuite devant l’obstacle ?

Dans quel système politique un Président pourrait annoncer, tout de go, le retour de son pays dans une grande alliance militaire avant que le Parlement ne l’ait autorisé à s’engager là-dessus ? Dans quelles institutions fondées sur l’équilibre des pouvoirs un Chef de l’Etat pourrait-il décider à sa guise de la suppression des juges d’instruction, sans dénier en référer au Garde des Sceaux et sans prendre la peine de consulter le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est pourtant placé sous son autorité ?

Dans quelle économie développée le plus proche conseiller du « prince » pourrait-il être désigné à la tête d’une banque privée résultant de la fusion de deux établissements et dont il a lui-même fixé le périmètre, la valeur des actifs et l’apport de l’Etat ? Et tout cela sans que la Commission de déontologie, justement compétente pour ce type de confusion d’intérêts, n’ait eu à en connaître.

Dans quelle République ordinaire un Chef de l’Etat désigne-t-il lui-même le président de la radio publique, les responsables de la télévision nationale et peut-être même les présentateurs des journaux, sans avoir à craindre les foudres d’une instance de régulation dont il a fait nommer tous les membres et qui a, depuis belle lurette, déposé les armes au pied de son trône ?

Dans quelle curieuse contrée un Président pourrait-il choisir, pour une grande interview télévisée, non seulement les grands médias partenaires, mais également les journalistes eux-mêmes chargés de l’entretien ? Et, en plus, inscrire cette pratique dans une tradition !

Dans quel Etat membre de l’Union européenne un dirigeant pourrait-il se rendre au G20, participer au Sommet de l’Otan à Strasbourg et prendre place au Conseil européen sans avoir reçu, au préalable, les représentants de l’opposition pour connaître leurs avis sur la meilleure manière de lutter contre la plus grave crise économique des 60 dernières années ?

Dans quel pays de tradition démocratique un homme seul, même investi par le suffrage, pourrait-il détenir autant de pouvoirs : celui d’être à la fois Chef de l’Etat, du gouvernement, du parti majoritaire, et même d’un Conseil général par l’intermédiaire de son propre fils, et revendiquer le privilège de se substituer à ses ministres sur chaque sujet délicat, de se moquer publiquement de ses amis, de complimenter ses favoris, de les disgracier au premier faux pas, de les mettre en concurrence pour des places offertes aux plus serviles, de condamner ensuite cette avidité dont il a fait un jeu ?

Ce pays n’est pas la France de l’Ancien Régime, c’est la France d’aujourd’hui, celle de la démocratie à bas régime, comme on disait jadis du « Bas Empire », celle d’un régime à faible teneur démocratique… Celle de Nicolas Sarkozy après deux ans de règne.

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19 réponses à to “Chronique sur slate.fr : “Démocratie au régime””

  • Dans quelle grande nation civilisée n’y a-t-il pas de chef de l’opposition?

  • natalie:

    Sur le commentaire précédent: voilà de façon exemplaire prouvé par a+b le propos analytique de fond de Mr Hollande. CQFD.
    Je dis au contraire à cette dérive grave d’une présidence de tous les pouvoirs qu’il faut répondre par un collégial de l’opposition et pas un chef….on verra en 2012 pour cela et même en 2012 ce ne sera pas un chef de l’opposition ce sera un candidat à la présidentielle.
    Il y a un temps pour tout. C’est pas toujours facile, mais ensemble pourquoi impossible.
    Un conseiller général avait dit un jour “en matière politique il y a pléthore de surprises….”
    Est-il d’ailleurs possible que ces multiples dérives de l’état aient un effet insoupçonné sur le lien social au travers certes des pertes d’emplois, pouvoir d’achat mais aussi psychique, sur l’espoir? Autrement dit, il ne faudrait pas ramener le lien social au rapports économiques, ou comment les séparer afin de permettre une force créative.comme si la perte des repères symbolique du cadre de l’organisation de notre société partant “en vrille” les effets de ceux-ci, cette perversion du système nous conduit à repenser, à fonder en raison un nouveau lien social en parallèle à la destruction de l’ancien. A la démocratie au régime – à entendre: le régime Sarkozy utilise la démocratie à plein- doit succéder une démocratie autre, post moderne…
    Enfin, c’est une réflexion comme ça…

  • socrate:

    Monsieur Hiollande,

    Vous avez sans aucun doute raison, la démocratie sous Sarkozy laisse perplexe.
    Mais, l’opposition est elle à la hauteur du défi ? C’est, je crois, la question la plus importante du moment. D’autant que nous n’en serions pas là si l’opposition (toute tendances politiques confondues) jouait pleinement son rôle. C’est, avec tout le respect que je vous dois, ce que l’on attend de vous.

  • Xavier Dequest:

    Monsieur François Hollande,
    Ô combien la situation actuelle sur le principe même de la séparation des pouvoirs, semble compromise. je dis même, la démocratie est abîmée. Vous dénoncez ce qui est préjudiciable à l’opposition, à savoir de faire connaitre son point de vue au sein même du débat démocratique. Votre intervention, à juste titre mérite d’être saluée, notamment le jugement rendu en appel la semaine dernière, qui demande au CSA, de bien prendre en compte le temps de parole du chef de l’Etat en tant que majorité. Merci de défendre la république française et ses vertus.
    N’oubliez pas monsieur Hollande de proposer, vous, vos idées. Et même si parfois elles dérangent le PS. Vous êtes un homme libre de gauche et nous comptons sur vous. Avançons. Ouvert et moderne. La gauche d’hier n’a plus vraiment cours.

    Bien à vous, Xavier Dequest

  • guilliou gérard:

    Je vote pour le premier commentaire…

  • Fififou:

    La démocratie c’est la représentation du peuple dans le gouvernement. Seulement voilà, cela fait des années que les députés et sénateurs ont oublié le peuple (sauf quand celui-ci se transforme en électeurs…) Les propositions de loi sont toutes plus décorélées du réel les unes que les autres. La dernière en date (Hadopi) est une vaste pantalonade qui ne bénéficie qu’à quelques amis du président… et pourtant point de déclarations enflammées des réprésentants du peuple (les députés je rappelle) contre une proposition face à laquelle nombre d’associations se sont élevées. Ce n’est pas le monarque qu’il faut décrier mais bien le système tout entier qui est à revoir pour ne plus permettre à une organisation monarchique de se remettre en place.

  • la virulence et la sévérité envers sarko, ça ne devrait pas etre que pour lancer des sites internet

  • PLL:

    Vous avez raison.
    Je suis d’accord avec tout ce que vous dites dans ce billet.
    J’étais aussi d’accord avec vous, lorsque vous écoutant sur les ondes de France Inter, au lendemain de l’immense victoire des Régionales, vous mettiez en avant l’énorme responsabilité du Parti Socialiste (je mets encore des majuscules, à tort ?) ainsi que la vôtre, en tant que premier secrétaire, dans la perspective des présidentielles. Ces propos d’alors m’avaient rempli d’optimisme. Puis, tout est parti à vau-l’eau. On a l’impression que vous avez eu peur devant l’immense charge qui vous attendait … On sait ce qui en a résulté.
    Pour ma part, électeur fidèle et inconditionnel du PS depuis 1974, je reprends ma liberté, pas pour voter à droite, comme les traites qui se sont ralliés sans aucune pudeur au gouvernement de droite. La barrière devait être bien basse, le chemin bien étroit, la gouvernance bien faible pour que pareille forfaiture puisse se produire.
    Je suis beaucoup plus long que Voir Poitiers et sourire, mais en fait je suis aussi d’accord avec le commentaire, “dans quelle grande nation civilisée n’y a-t-il pas de chef de l’opposition ?”. J’y ajoute, il faut un grand projet crédible (l’un ne va pas sans l’autre, je pense). À cette seule condition nous réussirons (la gauche) à reprendre le pouvoir.

  • Monsieur Hollande,

    Vous comparez l’actuelle époque en France au Bas Empire. Je suppose qu’il s’agit du Bas Empire romain (235 – 476, ou « l’Antiquité tardive » pour être politiquement correct). Or, cette époque romaine est caractérisée par un pouvoir politique impérial faible et les fameuses invasions « barbares ». Ce n’est pas, visiblement, ce que vous vouliez critiquer dans votre article : Nicolas Sarkozy n’est pas un pouvoir politique faible et l’opposition politique française est tout sauf forte, envahissante et agressive. Plutôt que le Bas Empire, et pour choisir un règne impérial romain à forte connotation, autant prendre celui de Caligula. En effet, cet empereur romain, régnant de 37 à 41 ap. JC, a la réputation d’être fou, mégalomane et tyrannique. De nos jours, certes, la réalité de la psychologie de Caligula est âprement débattue. Qu’importe ! Le pouvoir politique était fort, l’opposition inexistante : voilà qui colle mieux avec la réalité politique française d’aujourd’hui.
    Le pouvoir impérial, sous Caligalu, était donc tyrannique, despotique et mégalomane. La légende qui lui colle aux sandales regorge de débauche, de bannissement de ses proches, du ridicule jeté sur le Sénat et les autres institutions. Cela collerait déjà mieux avec votre analyse grossière de la France sous Sarkozy.
    Nicolas Sarkozy n’a pas de cheval à installer à l’Assemblée Nationale, comme l’aurait fait selon la légende Caligula avec son cheval Incitatus, mais pour quelqu’un qui est censé avoir lu L’Histoire de France pour les Nuls (éd. First), il est difficile de croire que la notion de Bas Empire soit si mal expliquée dans cet ouvrage étant donné le caractère fondamental de cette époque pour la naissance de la France. Visiblement, les palefreniers que sont les électeurs Français ont installé à l’Assemblée une personne bête à manger du foin, réalisant pour créer le buzz des amalgames historiques qu’une personne politique de premier rang ayant d’autant plus lu un livre sur l’histoire de France ne devrait pas oser se permettre d’effectuer.
    Il va falloir, monsieur Hollande, affuter vos lames intellectuelles un peu mieux que cela la prochaine fois. L’à peu près ne pardonne pas.

  • néo:

    Pour répondre au commentaire précédent :

    primo, antiquité tardive n’est pas “politiquement correct”, simplement les spécialistes préfère cela à bas-empire car cela met moins l’accent uniquement sur le pouvoir et même de ce point de vue, la rupture est beaucoup moins forte que ce qu’a pu écrire un Gibbon par exemple. Ainsi, Chilpéric, le père de Clovis, est investi d’un pouvoir romain sur la province de Belgique II et le pouvoir royal franc reprendra beaucoup d’éléments “romains”.

    secundo, le pouvoir impérial n’a probablement jamais été aussi centralisé que sous le bas-empire. Cela tient à beaucoup de choses (la réforme tétrarchique, Constantin).

    Conclusion : avant de vouloir donner des leçons, on vérifie ce qu’on raconte.

  • mulnard:

    Monsieur le Député,

    Votre constat est sévère mais juste.
    A quand un recentrage de votre action politique en direction de la classe ouvrière ? ( cible prioritaire de quelques futurs(es) candidats (ou candidates) à l’élection présidentielle .
    C’est, j’en suis convaincue, au niveau de cette catégorie de la population, que les futures élections se joueront. L’image ( ou la forme ou le paraître ) ET le fond seront tout aussi importants.

    Je suis également impatiente de vous voir débattre à la TV ou autre grand média avec un membre du gouvernement ou de l’UMP. Ce n’est qu’au travers de tels débats que vous pourrez enfin vous imposer au niveau de l’opinion publique.

  • Philippe-Alexandre P.:

    Réponse à la réponse précédente :

    Que je mette Bas Empire, Antiquité tardive ou les deux, il y a toujours quelqu’un pour critiquer. C’est quasiment synonyme pour le débat actuel. Il y a faux débat sur ce sujet.

    Je n’appelle pas centralisé un pouvoir politique partagé entre 4 empereurs sur un empire coupé en deux. L’Empire sous Caligula était bien plus “puissant” que celui de Constantin. On cherche à améliorer une métaphore, pas à faire une exégèse la plus pure sur une période de l’histoire romaine.

  • Marie France:

    Un peu tard pour critiquer alors qu’aux présidentielles, la candidate a été peu soutenu par la gauche. Nous devons, à ce que l’on a coutume d’appeler “les éléphants” la situation actuelle!
    En dehors des perpetuelles critiques, nous n’entendons pas de propositions réelles, réfléchies et réalisables. La cacophonie régnante, bien orchestrée par le président, vous rend inaudible sans doute, mais le manque de cohérente de la gauche ne permet pas d’espérer des jours meilleurs. J’espère que les élections européennes vous obligeront à prendre conscience de l’ampleur du manque de crédibilité actuelle.
    Pourtant, il me semble que sur chaque position de ce gouvernement, il est facile de proposer autre chose, mais sans doute les intérêts de chacun ne permettent pas une réelle offensive.
    Réveillez vous!

  • Il y a trois analyses que j’aimerais proposer à la réflexion de François Hollande.

    La version socio-pathologique

    Il semble bien que le diagnostic qui nous est suggéré ne découle pas des arguments qui nous sont livrés ici puisque l’accusation de Nicolas Sarkozy est bien antérieure à sa prise de fonction. Elle date certainement de l’annonce de sa candidature. Le président alors en exercice faisait l’objet d’un bombardement semblable (dont on voit le bilan dans l’esprit des français avec les trois quarts qui lui manifestent leur sympathie). En fait c’est la fonction de Président de la République qui insupporte ceux qui en ont été privés, surtout depuis 2002.
    Le psychodrame organisé entre les deux tours (la République en danger par la présence de Le Pen) n’avait pour autre but que de brouiller le message des français à un PS sûr de son bilan. Notamment les classes les plus pauvres ne l’avaient pas particulièrement apprécié. La violence de la remise en question a été terrible, suscitant le dépit de Jospin et le refus de la penser en retour. La hargne contre Chirac n’a cessé alors de se nourrir du refus de l’existence d’une présidence qui est toujours assimilée à la résurgence d’un pouvoir royal ou impérial. Considéré comme tout puissant on en dénonce l’impuissance tout en multipliant les revendications. Nicolas Sarkozy hérite de cette posture. L’échec de Royal, redouté/désiré, a renforcé le pathos qui trouvera toujours, dans n’importe quel président, à exploiter le défaut de ses qualités. Le refus de l’autorité et de son institution symbolique, voilà le problème…

    La version idéologique et philosophique.

    Vous ne cessez de suggérer que le PS doit faire des propositions constructives et vous ne cessez de produire des catalogues de plaintes à l’égard du pouvoir et de toutes ses figures mises dans le même sac. En fait vous fondez toute votre identité, toute votre proposition d’identification pour les électeurs sur la dénonciation du mal, à tel point que vos propositions ne dépassent jamais la défense contre ce mal désigné, personnifié.

    Vous soutenez ainsi l’idée implicite que seul le mal est substanciel et que le bien n’en est que la correction ou même seulement l’état de lutte permanent.

    Nul projet, nul désir et horizon désirable, nul progrès de civilisation humaine, rien de ce qui motive et enthousisame les hommes dans leur travail, leurs engagements, leurs amitiés, leurs richesses, leurs potentiels, leurs enfants même. Vous connaissez certainement la thèse de St Augustin qui suggère que seul le bien de l’homme est substanciel, le mal étant ce qui prive ou détourne du bien. Par exemple on ne concevra pas la vie humaine comme une survie mais comme la participation à un devenir humain individuel et collectif. Un moment de mutation avec ses crises qui ouvrent des possibilités nouvelles est particulièrement propice à cela, à choisir cette voie du progrès humain contre la régression défensive, le refus de grandir.

    Or vous ne proposez rien de constructif obsédés par votre philosophie du mal et votre idéologie de lutte contre le mal dont l’issue serait un paradis régressif (style civilisation des loisirs ou pire). Rien de bien à proposer, rien que de l’inquiétude à nourrir, rien que de la dénonciation comme posture politique. Il faut que le moral des français soit bien accroché pour ne pas sombrer dans cette violence que vous appelez implicitement comme modèle de l’action.

    La version démocratique

    Voilà un enjeu de notre temps : réinventer la démocratie à une époque où la conscience de soi des hommes a évolué où la capacité d’initiative est au seuil d’une explosion des possibles grâce à Internet notamment et où le désir de prendre part aux responsabilités communes, aux enjeux et aux projets communautaires monte en puissance. Bien peu dans la classe politique ont mis en chantier cette question, ont essayé de refonder la démocratie pour articuler : l’électif du référent symbolique (le président par exemple), le représentatif des groupes et situations collectives que nos parlements traduisent très mal, le participatif aux affaires locales des acteurs sur leur terrain propre. La question est complexifiée par le problème de l’articulation nécessaire des situations de proximité, des différentes communautés territoriales, de la nation, de l’Europe et des multiples rassemblements jusqu’aux communautés mondiales qu’Internet nous fait vivre.

    Quand allez-vous vous mettre au travail? Comme cela vous pourriez critiquer l’existant de façon constructive plutôt que de l’enfermer dans le règne de vos vieux démons. Vous pourriez servir le bien commun des français en aiguillonnant dans ce Sens le pouvoir en place au lieu de nous enfermer tous dans votre régression dépressive.

    Op-position et pro-position sont elles compatibles? Oui si la position « pro » précède la critique et non l’inverse comme c’est le cas avec l’identité négative où vous vous positionnez.

  • Puisque vous reprenez, Mr Hollande, sur votre blog vos chroniques sur Slate, laissez moi ci-après vous retransmettre le commentaire que je vous avais adressé sur Slate.fr:

    Encore une fois Mr Hollande, vous avez la mémoire courte ! Et une fois n’est pas coutume, je vais la faire un peu longue, mais cela vaut le coup, ce n’est pas tous les jours que l’on a la possibilité de rafraichir la mémoire d’une éminence de la République.

    - Le temps de parole du chef de l’Etat comptabilisé ? Et puis quoi encore ! Je ne crois pas que celui de Mitterand le fut. Le chef de l’Etat est le représentant de tous les français, il a des comptes à rendre, des infos à nous donner, une ligne à tracer; il se doit de nous expliquer régulièrement les tenants et les aboutissants de sa politique et de sa mise oeuvre. Et si son temps de parole venait à être dépassé, devrions-nous le mettre à l’amende? le réduire au silence le temps de rétablir l’équilibre ? Vous seriez le premier à crier au manque d’information, à souligner la vacance de la parole pésidentielle… Non, le temps de parole du président n’a pas à être comptabilisé, justement, parce qu’il est le président d’une démocratie et qu’il a des comptes à rendre.

    - La carte électorale modifiée: Tous les pouvoirs en place l’ont assaisonnée à leur sauce la carte électorale; de De Gaulle à Sarko en passant par VGE, Mitterand, Chirac,Jospin et Vaillant. Ce n’est pas nouveau. Cela fait partie du jeu et visiblement cela n’a pas empéchée la démocratie et la France de vivre depuis 50 ans. Que cela ne vous plaise pas puisque vous n’êtes pas (plus) aux affaires pour un petit moment, soit.

    - Que la loi Hadopi repasse, encore heureux ! je n’y suis pas favorable pourtant, mais quelle légitimité accorder à un rejet de projet de loi retoqué par 25 députés de l’opposition et soutenue par 11 de la majorité. Son rejet doit être votée par un quorum représentatif de députés et non par à peine 6% de notre représentation. Et une sanction financière pour les absents de la classe, mais tout à fait d’accord. Nos braves députés, dont vous faites partie, sont grassement rémunérés, qu’ils soient sanctionnés, là où cela fait mal, au portefeuille, losqu’ils ne font pas le boulot pour lequel ils ont été élus, pour lequel, ils sont payés. Oui, sanctions, tout à fait d’accord.

    - Retour dans l’Otan ? mémoire courte à nouveau. C’était inscrit dans le programme électoral de Nicolas, il a été élu par 53% des français (qui ont donc implicitement validé ce retour), il applique donc son programme. Si, ce n’est pas de la démocratie et une promesse tenue (pour une fois), dites moi ce que c’est.

    - La nomination de Mr Perol ? cela ne me choque pas. L’état français a sauvé de justesse les 2 banques en question. Que le chef de l’Etat, démocratiquement élu, place à la tête du nouvel ensemble, un homme de confiance à la probité exemplaire, en quoi est-ce choquant?

    - la radio publique est financée par l’Etat, là encore quoi de choquant à ce que son patron soit nommé par l’Etat? Et en matière de déontologie en ce domaine, souvenez-vous des “ajustements politiques” de De Gaulle et de Mitterand à l’ORTF et à TDF. Mémoire courte… Les journalistes des interviews présidentielles validés par l’interviewé lui-même, cela a toujours été le cas! n’essayez pas de nous faire avaler des couleuvres indigestes Mr Hollande!

    - Coup bas l’histoire du fils Sarko! ne fûtes-vous pas à une époque député de Corrèze, patron d’un PS déconfit, président d’un conseil général, mais aussi député des 2 Sèvres et président de région grâce à votre compagnonage avec Ségolène ? Ce cumul de pouvoirs vous manque-t-il ? Nous n’avons pas la mémoire aussi courte, nous !

    - Complimenter ses favoris et disgracier ? l’expert en la matière n’était-il pas François Mitterand? Les familles De grossouvre, Beregovoy, Michel Rocard et bien d’autres s’en souviennent, elles !

    Non, Mr Hollande, je tiens à vous rassurer, la France est bien une démocratie, imparfaite, certes, mais bien vivante. La preuve, même avec une mémoire défaillante, vous avez le droit de vous exprimer librement !

    Pas cordialement

  • trapon rene:

    je trouve que vous avez raison : on a change de regime sans demander l avis ni des francais ni de leurs representants.
    d ailleurs je voudrai jeter un pave dans cette pataugeoire :doit on designer le president de la france au suffrage universel direct ?? cette question meriterait d etre poser car la vox populi me semble tellement sous influence ( entre autre mediatique) que le meilleurs candidat n a pas beaucoup de chance de l emporter . souvenons nous du rejet mr jospin sans doute le meilleurs premier ministre de la cinquieme…
    CROYEZ VOUS QUE MENDES FRANCE JAURES OU BLUM AURAENT ETE ELUS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : certainement pas !
    REFLECHISSONS A NOTRE PSEUDO DEMOCRATIE QUI NOUS DONNENT DE DROLES DE PRESIDENT !

  • Moudugenou:

    ca ne sert a rien de minuter le chef de l’Etat.

    il a un dynamisme et un débit de parole beaucoup plus rapide que l’ensemble des membres du PS.

    Il suffit de lire ce blog pour en avoir la preuve !

    Apprenez plutot à synthétiser vos pensees sans tomber dans le verbiage.

  • JPWK:

    http://www.reuters.com/article/internetNews/idUSTRE53K36Q20090421?feedType=RSS&feedName=internetNews

    Bonjour Monsieur le Député,

    ” Comment la preuve sera-t’elle établie si X télécharge illégallement sur internet en piratant la ligne de Y dans l’idéee de lui nuire en sorte de remporter les européennes; par ailleurs, que penser d’un gouverment imposé au chef de l’état depuis le Conseil Constitutionnel sous peine d’une présidentielle anticipée par la voie du référendum populaire voulu par les Trois Consuls en soutien à monsieur Juppé peut-être déjà candidat à la primaire UMP de 2012 “.

    JPWK

    ps: le référendum comme butée automatique au temps de parole présidentiel démontre le virage à droite initié depuis le conseil constitutionnel, voire depuis Bordeaux.

  • di leta gerard:

    Ce n’est pas le temps de parole qu’il faut comptabiliser mais l’impact de la parole et ça c’est beaucoup plus compliqué à faire, mais sans doute pas impossible.

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