Chronique sur slate.fr : Fusion et confusion
Deux grandes banques, les caisses d’épargne et les banques populaires, scellent leur mariage dans un bureau de l’Elysée. L’information pourra déjà surprendre. Mais, en ces temps de crise, on en a déjà tant vu : des interventions massives de l’Etat, sans l’exigence de la moindre contrepartie et des sauvetages décidés à la hâte, sans la plus petite obligation, de limiter les hautes rémunérations dans les établissements concernés.
Alors, pourquoi se courousser pour cette fusion qui permet aux nouveaux mariés de la « place » de surmonter les effets des mauvais placements de leur filiale commune Natixis et de devenir la deuxième banque de dépôts du pays ? Sûrement pas pour son opportunité : le rapprochement était préparé depuis de longs mois, même si elle s’est accélérée. Pas davantage pour son intérêt commercial : les établissements sont en effet complémentaires, les caisses d’épargne bien implantées sur le marché des particuliers et des collectivités locales, les banques populaires sur celui des PME. L’opération n’est pas non plus contestable sur le plan de sa philosophie : les deux réseaux sont d’inspiration mutualiste et leur culture d’entreprise, quoique différente, est finalement assez proche.
Non. Ce qui choque n’est pas la fusion, mais la confusion. Avec la possible annonce de la nomination du directeur général adjoint de l’Elysée à la tête du nouvel ensemble. Car, c’est une transgression.
Une transgression morale d’abord, car celui qui -au nom de l’Etat- à l’Elysée, organise le rapprochement, fixe la valeur des apports de chacun, décide du niveau des capitaux publics dans le nouveau groupe, se révèle dans le dernier acte -comme dans une farce à rebondissements- le patron de la banque. Bref, le soir de la cérémonie, le marieur part avec la mariée non sans avoir, au préalable, déterminé le montant de la dote. Le procédé est inédit. Et le conflit d’intérêts inévitable : avant d’entrer à l’Elysée, Monsieur PEROL -alors chez David Rotchild- avait été missionné comme conseil des deux banques. Ensuite, auprès du Président de la République, il a lui-même conduit la négociation et proposé d’injecter plus de 6 milliards d’euros de fonds publics dans la société dont il aurait la charge dans quelques semaines. La confusion « privé / public » est à son comble. Et la question peut se poser très simplement : quels intérêts ont été servis? Ceux de l’Etat, des actionnaires ou des futurs dirigeants?
On me dira qu’une Commission de Déontologie va être saisie et qu’elle va rendre un avis ! Mais l’on sait que sa jurisprudence est implacable pour les membres de l’Administration, mais bienveillante pour ceux des cabinets. Ainsi, alors qu’un sous chef de bureau à la Direction du Trésor qui ayant eu à connaître, même de loin, de cette opération de fusion et sans prendre la moindre décision se verra interdire tout pantouflage, en revanche, celui qui -au sommet de l’Etat- aura contribué à la parrainer, en remplissant lui-même la corbeille, sera autorisé à en prendre la tête. C’est finalement l’éthique qui se trouve décapitée.
La transgression est tout autant politique. L’on savait depuis deux ans que Nicolas Sarkozy voulait décider de tout et tout présider. Il ne nous a pas échappé que le Premier Ministre a abdiqué et accepté, sans mot dire, de se dessaisir de ses prérogatives constitutionnelles pour devenir le muet du sérail. Il est non moins évident qu’il n’y a plus de ministres au sein du gouvernement et que ceux qui en ont le titre sont devenus des prêtes-noms ou des bannis. Yves Jégo a rejoint Rama Yade à la cour des proscrits. Mais, jamais repu, le boulimique Président peut aussi démontrer que non content de pourvoir aux emplois civils et militaires, il coopte lui-même les banquiers : obligés, amis, collaborateurs, ils sont là autour de celui qui décide de leur avenir, de leur bonus, voire tout simplement de leur sort.
Rien à voir avec les nominations de 1982 où l’Etat actionnaire à 100 % des banques choisissait les patrons. On pouvait être contre les nationalisations, mais c’était la plus élémentaire logique. Là, il s’agit d’une banque privée. Pas d’un démembrement de la puissance publique. Pas d’une institution régulatrice. Pas d’un organisme à but non lucratif. Non d’un groupe bancaire qui n’est pas sous tutelle, mais sur le marché !
Ainsi va la République sous la présidence Sarkozy ! Après l’exhibition, voilà la confusion. Après le narcissisme, la transgression. Après «l’Etat c’est moi », « tout est à moi » !
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voilà de quoi se COURROUCER !
exellent article !
Mauvaise foi,
vous oubliez que les banques sont sauvées par l’argent public !
je suis ravie que l’état reprenne les rennes pour mettre au pas tous ces incompétants, profiteurs, grands patrons malhonnètes.
par ailleurs,
Bonjour Monsieur le Député,
” La création d’une banque centrale caraïbes et d’un euro caraïbes devraient répondre aux problèmes que soulèvent la guadeloupe et la martinique alors que des résultats économiques encourageants seuls devraient favoriser l’autodétermination préférable à l’abandon “.
JPWK
ps: la rente ou la petite rivière de Lydie. (confer datamail)
Non au mensonge, Non au népotisme! Lisez, signez et faites signer l’appel citoyen à Nicolas Sarkozy!
http://affaireperol.wordpress.com/
Bonjour,
Il y a dans vos métaphores du coeur là ou on croyait ne pas en trouver…c’est bien touchant….
J’apprécie la logique explicite.
On sait que la république de Sarkozy n’est pas une république: que pense-vous de “perversion de la république”!
quel plaisir d’entendre à l’emission de ruquier ce soir (on n’est pas couché) de la part du maire de lyon (gerard colomb) de mr ruquier et de gerard nauleau que votre seul titre de gloire au ps avait été de durée..
Le pouvoir pour le pouvoir d’un monsieur qui se complait dans les jeux de mot qu’il trouve drole (pudding à la place de mile feuille) ,mais qui a de plus en plus de mal à cacher l’insignifiance totale de votre pensée
Vous etes beaucoup plus doué pour faire des commentaires sur le foot (il parait que vous passez vos journées à lire l’equipe) qu’à avoir des idées qui pourrait interesser les francais
Tout le monde sait que si vous arriviez au pouvoir ,nous serions dans un monde sans crise et sans chomeur,mr le critiqueur en chef
Il est vrai que lorsque l’on n’a jamais vu une entreprise de savie ,et qu’on s’est contenté de vivre de l’argent public,et de faire des “bons “??? mots ,il est difficile d’imaginer l’avenir que l’on pourrait donner aux francais
voila mr hollande ce que beaucoup de francais pensent de vous ,et je suis décidé à passer à travers votre censure pour vous le dire