Interview – Un candidat avant l’été 2011
Voici l’interview publiée dans Libération mardi 1er juin 2010.
La direction du PS, qui se penche ce soir en bureau national sur le rapport d’Arnaud Montebourg consacré à la rénovation, envisage d’organiser les primaires à l’automne 2011. François Hollande, ex-premier secrétaire, plaide pour une désignation beaucoup plus précoce.
Quelle est votre position sur la procédure d’investiture ?
Notre objectif ne doit pas être d’organiser une interminable compétition en notre sein, ou d’épuiser celui ou celle qui sera choisi à l’issue du processus, mais avant tout de permettre à la gauche de gagner en 2012. Notre responsabilité n’est pas de nous tourner vers nous-mêmes, mais vers les électeurs. Et de faire élire président le candidat désigné. C’est pourquoi je propose que son nom soit connu avant l’été 2011, c’est-à-dire au mois de juin.
Pourquoi si tôt ?
Cette fois-ci, nous n’aurons plus face à nous un candidat président de l’UMP, mais le président de la République sortant, en campagne depuis son élection, qui annonce même qu’il fera de la politique, et rien que de la politique, à partir de l’automne 2011 ! Je plaide donc pour un agenda à la hauteur des circonstances. Notre candidat doit avoir le temps de proposer, de rassembler et de convaincre. Investi en novembre, il disposerait d’à peine deux ou trois mois pour se transformer en un champion pour la gauche, capable de bousculer la droite. En revanche, désigné dès l’été, il aura tout le temps pour structurer et organiser sa campagne.
Une désignation si précoce ne contribuerait-elle pas à l’affaiblir ?
Il faut avoir confiance dans notre candidat. Si on le pense faible, fragile, vulnérable, choisissons-en un autre. La campagne sera dure. Très dure. La renvoyer au dernier moment n’est pas une bonne tactique. Il faut l’assumer pleinement. Je ne crois pas du tout à ce scénario selon lequel il faudrait être le dernier à s’engager. Le seul qui l’ait fait, en 1988, c’était François Mitterrand. Mais il était président sortant. Depuis 1981, c’est toujours celui qui est parti le premier qui l’a emporté.
Dans votre esprit, quand les candidatures devraient-elles être déposées ?
Je propose que le dépôt des candidatures se fasse début mai.
Un timing qui présente l’avantage d’empêcher le retour de Dominique Strauss-Kahn, retenu au FMI…
J’essaie de raisonner en dehors de toute convenance personnelle, pour le seul bénéfice de l’alternance. Une candidature présidentielle est une démarche personnelle et politique majeure. Un agenda ne peut en être l’obstacle. Quand Sarkozy présidera le G20, à l’automne 2011 à Cannes, va-t-on le laisser occuper les sommets politiques, mener sa campagne sans être défié par qui que ce soit de sa famille, alors que nous en serions encore à nous départager, à échanger des arguments – pas tous au plus haut niveau – et à affaiblir notre dispositif ? C’est impossible. Sauf à penser qu’on construit un calendrier autour d’un pacte implicite ou explicite, qui vise à faire de la primaire une simple ratification. C’est un pari risqué. Et ce serait une régression par rapport à l’ambition démocratique des primaires.
Craignez-vous un verrouillage de la désignation autour de l’accord Aubry-Strauss-Kahn-Fabius ?
Je ne crois à aucun verrou. Je ne sais d’ailleurs quel pacte a été conclu, et avec qui. Le seul qui importe, c’est celui noué entre un candidat, son propre parti et les électeurs. Ce qui compte, c’est son contenu.
Irez-vous jusqu’au bout ?
J’ai déjà dit que je me préparais. J’attends que la procédure soit ouverte pour en faire la confirmation. Mais je ne confonds pas ma situation dans la primaire et ma position sur la primaire. Le calendrier que je propose est le seul qui permette au candidat choisi d’être le plus à même d’affronter victorieusement 2012.
Le PS vient d’adopter son projet sur le «nouveau modèle». Est-il satisfaisant ?
C’est un socle, avec des bases solides. Mais il n’est pas suffisant. Le rôle des primaires sera justement de faire le tri entre les priorités, de mettre de l’ordre et de la cohérence. Nous ne sommes pas là pour additionner les propositions, mais pour faire des choix, en tenant compte de l’héritage qui nous sera légué par Sarkozy, avec devant nous 100% du PIB de dette publique.
Justement, la comparaison entre Sarkozy et Bernard Madoff, maniée par la première secrétaire, est-elle raison ?
Sarkozy adopte un ton, un style, une façon de faire qui ne correspondent pas à la fonction qu’il exerce. Il est dans la provocation, quand il dénonce ses prédécesseurs, François Mitterrand mais aussi Jacques Chirac. Il cherche à blesser, à flétrir ses adversaires. Sa meute, qu’il lâche avec des arguments aussi répétitifs qu’agressifs, attend toujours la polémique pour abaisser le débat. Nous devons nous situer sur un autre terrain. Ne pas être happés par une mécanique infernale et injurieuse, qui finit par écarter les citoyens de la politique. Photo Frédéric Stucin. MYOP
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En effet la situation n’est pas lamême qque en 2002, et 2007 ou les primaires ont debute en novembre 2006, il est vraaio que ce n’etait qu”‘un ministre de l’interieur (pourtant tolujours present dut les ondes !:) mais il n’etait pas elu..comme president, cette fois ci c’est un president ace à un candidat.. Pourtant en 2006 le temps a ete tres court aussi….et d’ aut res comme vous t rouve que les prilmaires devraient avoir lieu avant l’ete.. Je note qque J.L. Bianco, sur France soir, a
Organiser des primaires, telles que définies actuellement comme une usine à gaz, difficilement contrôlables, lourdes à organiser pratiquemment, et sujètes à toutes les polémiques, ne pourra que provoquer le trouble chez les électeurs de gauche et plus encore chez les adhérents du PS. La droite peut se réjouir à l’avance.
Nous perdrons les élections, sauf si toute cette procédure est montée pour garantir une candidature DSK en janvier 2012!
Alors là cela serait le summum de la manipulation politique dans notre pays…ou je deviens totalement naïf.
Sur la date de désignation du candidat, je partage la position et l’analyse de François. En effet la confiance est à la base de tout. Nous le savons bien d’expérience: la confiance fonde les rapports humains, au jour le jour. Le frère Roger,de Taizé, disait qu’elle était “au début de tout”. Il doit y avoir une confiance tacite en l’autre dans sa capacité à respecter la règle commune avec l’hypothèse qu’autrui ne sacrifiera pas complètement notre intérêt au sien. Et cela autant par conviction que dans son intérêt bien compris. Sans elle, la vie devient invivable.
Quant à la petite phrase de Martine Aubry, elle est d’autant moins pardonnable qu’elle est préméditée et ce genre d’attaque ne fait que discréditer d’avantage la et le politique.
suite .. que les primaires aieent lieu au debut de l’ete . Mais c’est le secrareiat qui decide .
De très bons arguments par rapport aux primaires dans cette interview, je n’hésiterai pas à relayer ces arguments vers des camarades !!!
Franchement, on est où là ??? On veut fixer un calendrier pour qu’une personne qui aura peut-être la potentialité et peut-être l’envie de se présenter puisse le faire. De plus, je juge que si une personne veut être présidente de la République, cela doit être par conviction et vrai choix personnel. Ce choix et cette conviction ne peut pas avoir pour obstacle un calendrier si on a une vraie conviction en cette fonction suprême de la République.
Les propositions de calendrier que tu fais, sont en fait celles qui nous permettrait de corriger l’erreur de 2006/2007 pour avoir un candidat mieux préparé. On l’a vu en 2007 avec Ségolène qui n’a pas pu dérouler les débats participatifs, etc. comme elle le souhaitait.
De plus, désigner avant l’été 2011 le candidat permettra d’avoir une très grande implication du candidat dans le projet et pas quelque chose de rédigé en 15 jours parce qu’il faut sortir un projet.
Je t’encourage à continuer et j’espère que tes arguments seront entendus au Bureau National du parti.
Une désignation en octobre 2011 et c’est pratiquement une défaite assurée (avec la présidence du G20 par Sarkozy en même temps, on aura l’air fin avec nos primaires…)
[...] de la nouveauté et la curiosité et l’enthousiasme qu’il avait initialement suscités. Des primaires tardives, inversement, n’offrent pas le temps nécessaire pour réconcilier les différents [...]
Votre calendrier me semble le plus pertinent mettant suffisamment tôt notre futur ou future candidat(e) en position de campagne présidentielle, d’autant plus qu’il faudra sans doute recoller les morceaux des blessures inévitables d’une primaire pour autant qu’elle ne soit pas factice
Malheureusement il en a été décidé autrement pour laisser à D Strauss Kahn la possibilité de se présenter
Je n’est rien contre DSK dont les qualités sont connues et appréciées mais je doute de l’intensité de son désir de se lancer dans une campagne qui risque d’être dure et incertaine C’est sans doute pour la même raison qu’il avait échoué lors de la précédente élection
j’aimerais connaitre la position de F Hollande que je soutiens, face à la situation ubuesque et préjudiciable pour le PS ( hi ! hi ! ) des membres du parti qui ont été exclus à cause des régionales gagnées en Languedoc Roussilonn.
Alors que la commission Lamy devait venir au prétexte fallacieux de surcharge de travail et de gesticulation montebourgienne dans la région, elle reporte son mandat pour faire plaisir à qui ?
pas de premier fédéral dans notre département, des jeux d’appareil stériles,etc. un vote militant à plus de 80 % qui souhaite des élections avant le 30 juin pas entendu par Paris, Il serait temps que les prétendants et autres ténors prennent parti pour leurs camarades exclus La France socialiste est-elle au courant de cette mise à l’écart ; de cette quarantaine sanitaire pour épurer le parti ? et je n’ai pas tout développé !
comme d’habitude beaucoups de pertinence et de justesse dans vos propos et ce qui m’intrigue c’est qu’il soit sans arrêt question de deal entre leader comme quoi tout serait joué et dans tous les cas de figures vous êtes absents de ses magouilles qui tromperaient les militants
J’ai confiance en F.Hollande pour ne pas rentrer dans ces combines. Il est aujourd’hui le seul possible candidat aux primaires qui ait un réel programme et de plus réaliste à proposer aux sympathisants de gauche.
Aujourd’hui on parle beaucoup des sondages, mais regardez le congrès de 2008… Ca a été la 3ème dans les sondages qui est devenue première secrétaire…
Tout est possible, je pense que ta méthode de communication va bien finir par percer. Quand tu rentreras réellement en campagne, cela devrait prendre quand les gens prendront réellement connaissance de ton programme pour la France.
D’ailleurs, aujourd’hui est en train de s’organiser une candidature préparée, on sait que les militants n’aime pas vraiment ça. Je compte sur toi pour créer un vrai débat et une vraie campagne, comme les citoyens les aime.
[...] [...]
Tout(e) citoyen(ne)normalement impliqué(e) dans le contexte politique actuel ne peut qu’apprécier la solidité de l’argumentaire de F.Hollande, son sens aigu du “tempo” politique et d’une vision claire et cohérente d’un projet socialiste!.. Espérons qu’il soit soutenu et entendu…