Nicolas Sarkozy sera le président qui va augmenter les impôts
J’étais jeudi 20 mai l’invité de l’émission « Face aux chrétiens », animée par Paula Boyer, Aymeric Pourbaix (Radio Notre-Dame), Romain Mazenod (RCF) et Céline Rouden (La Croix).
Est-il réaliste pour le PS de s’arc-bouter sur la retraite à 60 ans ?
Beaucoup de nos concitoyens sont entrés dans la vie active très jeune. Il leur arrive, au seuil de la retraite, d’avoir cotisé 41 ans ou 42 ans. Si on leur demande de faire une année de plus, ils le vivront, à juste titre, comme une injustice. Beaucoup de nos concitoyens sont arrêtés avant 60 ans.
Entre 55 et 62 ans, un tiers seulement d’entre eux travaillent. Ils diront : « Nous ne pourrons disposer d’une retraite, même limitée, car on n’atteindra jamais les durées de cotisations exigées pour avoir une retraite à taux plein. » Pour ces deux raisons, il faut maintenir l’âge légal à 60 ans, mais faire de l’emploi des seniors une priorité.
Les Français vivant plus longtemps ne doivent-ils pas travailler plus longtemps ?
Cela a déjà été pris en compte, puisque la durée de cotisation va passer à 41 ans en 2012 et 41,5 ans en 2020. Ce qui a été acté dans le projet du PS, c’est que nous admettons qu’il y aura cet allongement d’ici à 2020, ce qui n’allait pas forcément de soi. À partir de 2020, s’il y a le constat d’un nouvel allongement de l’espérance de vie, il y aura, et cela a été admis par tous, un allongement de la durée de cotisation. (…)
Même si nous prenions ces deux dispositions, nous n’aurions réglé que la moitié des déficits des régimes de retraites. C’est la raison pour laquelle nous faisons des propositions pour prendre en compte tous les paramètres. L’erreur serait de n’en prendre qu’un ou deux et d’ignorer les autres.
Le ministre du travail, Éric Woerth, a qualifié les propositions du PS de « bombe fiscale ». Qu’en pensez-vous ?
Nous n’échapperons pas, face à l’ampleur des déficits, à des augmentations de prélèvements. (…) Le président Sarkozy avait dit qu’il ne serait pas le président qui augmentera les impôts. Il sera le chef de l’État qui va augmenter les impôts.
Non seulement, nous aurons des augmentations de prélèvements liés au financement des retraites mais, pour couvrir les déficits de la Sécurité sociale, je prends le pari que nous aurons d’ici à un an un doublement de la CRDS, contribution pour le remboursement de la dette sociale, qui est l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il pèse sur tous les revenus, y compris les allocations familiales ou les indemnisations chômage.
La taxe sur les bonus et les stock-options que vous proposez ne rapportera que 2, 5 milliards d’euros. N’est-ce pas dérisoire au regard des déficits ?
Ce serait grave de ne pas prendre en compte ces revenus, qui sont très importants, dans le financement des retraites. C’est peut-être une somme dérisoire, mais si on l’écartait, beaucoup de ceux à qui on va demander de travailler plus longtemps ne comprendraient pas qu’il y ait une exemption. C’est tout le problème qu’a le gouvernement avec le bouclier fiscal. C’est pour cela que je suis pour la disparition du bouclier fiscal et pour une réforme globale de l’impôt.
Laquelle ?
Je souhaite que l’on fasse un tout de la CSG et de l’impôt sur le revenu, de manière à ce que chaque citoyen paye un impôt minimal et qu’ensuite il y ait une progressivité de la contribution, que ce soit pour financer les dépenses de l’État ou les dépenses de solidarité. La grande question, au-delà du sujet de la retraite, est : quels impôts on va solliciter et qui va payer ?
Je souhaite que ce débat se fasse au grand jour car face aux déficits, il nous faut regarder à la fois les économies à faire, mais il y a aussi des prélèvements qui devront augmenter. Je préfère le dire maintenant plutôt que les Français ne le découvrent quand nous serons au pouvoir.
Vous promettez « du sang et des larmes » ?
Je promets de la sincérité. Il faut dire la réalité mais il faut aussi donner de l’espoir. Nous sommes là aussi pour donner une perspective aux Français. Dire comment nous pouvons nous en sortir dans ce contexte de crise, de puissance des marchés, et de politiques plutôt dépressives en Europe. Il y a une issue, c’est de faire cette réforme fiscale, de remobiliser l’appareil productif et de mettre comme je le propose la priorité sur l’éducation et la jeunesse.
Peut-on gagner une élection présidentielle en tenant le langage de la vérité ?
Il est arrivé encore récemment qu’un président puisse gagner sur l’illusion et le mensonge. Je fais le pari qu’il est possible de gagner sur la vérité et la sincérité. On peut faire la différence sur la pratique du pouvoir. Il ne s’agit pas d’arriver devant les électeurs en disant : je ne vous fais aucune promesse. Il faut donner confiance à la société et adresser aux citoyens un message fort. Le discours de vérité ne se suffit pas à lui-même. Il est non seulement la condition pour réussir, mais pour durer ensuite.
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Jusqu’à maintenant, je pensais que pour sortir de nos problèmes , il nous aurait suffi de dévaluer l’euro. Mais non, ceci n’est pas un bon argument car nous ne sommes plus dans un système monétaire à taux de change fixes mais dans un système monétaire à taux de change variables .
Comme me l’expliquait André-Jacques Holbecq, http://fr-fr.facebook.com/people/Andre-Jacques Holbecq/100000192821023 , un économiste avec qui je discute sur Facebook, la monnaie est aujourd’hui considérée comme une marchandise dont la valeur s’apprécie ou se déprécie suivant la loi de l’offre et de la demande. Et moi, sans comprendre vraiment en détail ce que cela recouvre , je veux bien le croire sur parole.
Toujours est il qu’aujourd’hui on ne peut plus dévaluer, d’ailleurs vous aurez remarqué que l’euro se déprécie déjà de lui-même. Alors que faire ?
En fait la solution c’est la ‘’monétisation de la dette’’.
Cela consiste à donner la possibilité à la banque centrale européenne de prêter de l’argent , par création monétaire, aux états endettés pour qu’ils puissent rembourser leur dette et ceci sans aucun intérêt. Du moins , c’est ce que j’ai cru comprendre. Mais cette solution a été abandonnée par nos gouvernants parce qu’elle crée de l’inflation. Donc le problème c’est l’inflation ,( et il y aurait surement beaucoup de choses à dire la dessus).
Il faut tout de même rajouter à ceci que la solution donnée par la monétisation d’une partie de la dette a tout de même commencé à être mis en œuvre par la banque centrale ces derniers temps .
On ne sais d’ailleurs pas par quel miracle ,’’ ils’’ ont changé d’avis sur cette question étant donné que les médias ne nous disent pas toute la vérité… !
Pourquoi donc allez vous dans de telles émissions?Pensez vous réelement que l’on peut convaicre,voir être écouté par ce qui n’ont pas évoluer depuis le 19èmeS!
Mais où en est le débat sur la pénibilité ? Pour ceux qui aiment leur métier – au point de s’inquiéter d’avoir à s’arrêter – la question de la demi-année de plus entre 2012 et 2020 est comique ! A l’inverse, ceux qui ont vécu des situations physiques ou psychologiques difficiles ont hâte de s’arrêter. Ca peut être un médecin par exemple ou n’importe qui. La loi ne doit pas obliger à travailler plus longtemps ceux qui sont fatigués. D’autant que nous sommes en situation de chômage élevé ! Les patrons ont intérêt à ce que le chômage perdure pour contenir les coûts salariaux. D’où le souhait d’augmenter l’âge de la retraite. L’intérêt également, c’est que les aînés sont, au travail, moins dérangeants que les jeunes. Il faut supprimer l’odieux chômage des jeunes, les rémunérer bien mieux (au lieu de multiplier les stages gratis !), et augmenter leurs cotisations.