Archive pour la catégorie ‘Billets’
Un vote qui aura un lendemain
Nicolas Sarkozy, le gouvernement, la droite font mine de minorer le succès qui s’annonce pour la gauche dimanche 21 mars.
Leur espoir secret n’est pas de gagner une région, au mieux d’en garder une, c’est une abstention forte qui viendrait amoindrir le résultat et amortir le choc.
Tout est fait pour faire du rendez-vous de dimanche une mauvaise soirée qui serait sans lendemain, c’est-à-dire un scrutin qui ne contraindrait le chef de l’Etat ni à revoir sa politique ni à réviser sa méthode et pas davantage à revoir ses projets. Seulement une mauvaise nouvelle, un triste dimanche dont tout serait fait pour effacer les traces.
Dès lors, c’est autant la participation que le nombre de régions qui seront dirigés demain par la gauche, qui seront les critères de la réussite du vote. Il s’agit de donner une légitimité encore plus grande aux régions, de remettre en cause la réforme territoriale qui s’annonce et d’étouffer le changement de mode de scrutin qui ne serait rien d’autre qu’une façon de mépriser le suffrage universel. Mais surtout l’objectif est d’obliger le pouvoir à avoir peur : peur de son impopularité, peur d’un peuple qui gronde, peur des conflits sociaux qui s’accumulent, peur de 2012.
L’objectif c’est aussi d’obliger la gauche à faire une union non pas d’entre deux tours, mais de premier tour pour l’élection présidentielle, de préparer non plus la sanction mais l’action, de condamner non plus le présent mais de préparer le futur. Bref, de lever une espérance !
Retour aux fondamentaux
L’égalité est au cœur du projet démocratique. Et François Dubet nous rappelle utilement la tension qui est à l’œuvre dans toutes les sociétés développées entre l’affirmation de l’égalité pour tous et les écarts de situations qui cherchent leurs justifications. C’est une question politique majeure que le règlement de cet arbitrage : “l’égalité jusqu’où ?” et “l’égalité de quoi ?”.
Entre l’égalité des places – c’est à dire le rapprochement des positions en terme de revenus et de conditions de vie – et l’égalité des chances fondées sur le mérite et la lutte contre les discriminations, François Dubet a fait son choix. Il montre comment le libéralisme s’est emparé de l’égalité des chances pour reproduire les hiérarchies sociales au prix de compensations financières et symboliques en faveur des minorités ou des groupes défavorisés.
Et il constate avec douleur que la massification scolaire s’est accompagnée d’une solution au fil de l’eau provoquant une”méritocratie” reflétant davantage les inégalités sociales que les mobilités personnelles. Il revient donc sur la pertinence de l’objectif de l’égalité des places qui présenterait le double avantage de conjuguer la cohésion sociale et l’autonomie personnelle. Elle assurerait la fluidité des parcours et resserrait les écarts entre les barreaux de l’échelle sociale. Lire la suite de cette entrée »
Enterrement en petite pompe
Le débat sur l’identité nationale aura donc accouché d’une commission. C’était la formule que Clemenceau utilisait pour moquer, sous le IIIème République, les gouvernements qui ne savaient plus que faire de leurs mauvais projets.
C’est pourtant la voie que le Premier ministre a choisi pour sortir de l’impasse où son ministre de l’identité nationale et de l’immigration avait conduit le gouvernement en improvisant, au plus mauvais moment, une initiative aussi mal engagée que mal pensée. Lire la suite de cette entrée »
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