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Retour aux fondamentaux
L’égalité est au cœur du projet démocratique. Et François Dubet nous rappelle utilement la tension qui est à l’œuvre dans toutes les sociétés développées entre l’affirmation de l’égalité pour tous et les écarts de situations qui cherchent leurs justifications. C’est une question politique majeure que le règlement de cet arbitrage : “l’égalité jusqu’où ?” et “l’égalité de quoi ?”.
Entre l’égalité des places – c’est à dire le rapprochement des positions en terme de revenus et de conditions de vie – et l’égalité des chances fondées sur le mérite et la lutte contre les discriminations, François Dubet a fait son choix. Il montre comment le libéralisme s’est emparé de l’égalité des chances pour reproduire les hiérarchies sociales au prix de compensations financières et symboliques en faveur des minorités ou des groupes défavorisés.
Et il constate avec douleur que la massification scolaire s’est accompagnée d’une solution au fil de l’eau provoquant une”méritocratie” reflétant davantage les inégalités sociales que les mobilités personnelles. Il revient donc sur la pertinence de l’objectif de l’égalité des places qui présenterait le double avantage de conjuguer la cohésion sociale et l’autonomie personnelle. Elle assurerait la fluidité des parcours et resserrait les écarts entre les barreaux de l’échelle sociale. Lire la suite de cette entrée »
La journée a été riche en évènements, ils ne sont pas tous de même nature
1) George Frêche vient de commettre un nouvel écart de langage en proférant sur Laurent Fabius des propos inqualifiables. Ce n’est hélas pas la première fois et c’est ce comportement, ce laisser-aller, ces atteintes aux personnes qui avaient justifié que comme Premier Secrétaire du Parti Socialiste j’avais proposé son exclusion. Certes, c’est un grand administrateur, un élu qui a réalisé de grandes choses pour Montpellier et pour la Région Languedoc Roussillon, ce qui explique les soutiens dont il dispose bien au-delà des cadres locaux du PS, ainsi que la popularité dont il dispose dans cette région. Mais il y a des limites qu’il ne faut pas dépasser, des transgressions qu’il ne faut pas tolérer même s’il n’est plus aujourd’hui membre du Parti Socialiste. A chacun, dans ces moments difficiles, de prendre ses responsabilités. Et le Bureau National de mardi devra prendre les décisions appropriées.
2) La relaxe de Dominique de Villepin, qui a été prononcée par le Tribunal correctionnel de Paris, vient mettre un terme à une confrontation entre deux personnalités membres du même gouvernement de 2002 à 2007 et qui n’aurait jamais dû trouver sa place sur le terrain judiciaire. En politique c’est par des arguments, par des compétitions électorales, par le choc éventuel des ambitions que les conflits se règlent, au grand jour, devant l’opinion ou par le suffrage. Nicolas Sarkozy ne l’a pas voulu ainsi. Il a porté sa querelle dont il pensait être la victime auprès des juges. Il est en définitive le premier flétri puisqu’il se trouve dans la situation d’un Président partie civile disposant de l’autorité sur les parquets et qu’il n’a pas obtenu gain de cause devant des juges indépendants. Quelle triste image pour la vie politique, quel déclassement pour l’autorité de l’Etat et quelle humiliation pour celui qui hier encore évoquait l’accusé aujourd’hui relaxé. Tournons au plus vite cette page et revenons au sens même du combat politique. Il peut être une rivalité de personnes, y compris dans la même famille, mais il doit être d’abord un débat d’idées. Finalement c’est ce que les juges ont fini par rappeler. Lire la suite de cette entrée »
L’imbroglio Proglio
Depuis plusieurs semaines, la polémique sur la nomination d’Henri Proglio à la tête d’EDF bat son plein. Partie de sa rémunération, elle débouche sur la question du conflit d’intérêt avec Véolia. Sans oublier la retraite chapeau de l’intéressé. Remettons, s’il est encore possible, de l’ordre dans ces choses pour saisir qui en est responsable.
1) EDF est une très grande entreprise publique qui est devenue en 20 ans la première, au monde, dans le secteur de l’électricité. Son premier dirigeant mérite incontestablement des émoluments à la hauteur de cette mission. Et pourtant, tous ceux qui se sont succédés à la tête d’EDF et qui y avaient excellemment réussi n’avaient jamais eu la prétention de gagner jusqu’à 1,5 millions d’euros.
Pourquoi cette soudaine inflation ? Parce que Nicolas Sarkozy est allé chercher le président de Véolia et que la condition que celui-ci a posée pour accepter cette nomination a été le maintien de ce qu’il gagnait chez Véolia. Donc c’est Nicolas Sarkozy qui a changé les codes. Il aurait pu prendre, au sein de l’entreprise EDF, un cadre de haut niveau pour assumer la direction principale. Ou choisir un manager venant du service public lui-même, il en est suffisamment de qualité. Non, il a préféré traiter EDF comme une entreprise du CAC 40 avec les rémunérations qui vont avec, oubliant ainsi son statut public, et même sa mission de service public. Lire la suite de cette entrée »
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